• Belle journée à tous wink2 ,

    Les voilà !!! elles arrivent !! Qui ? Les Sorcières bien sûr !!

    Halloween n'est pas loin et hier soir, c'était la pleine lune !!!!

    Elles ne tarderont pas à faire leur apparition dans ce blog...les unes après les autres....

    Certaines d'entre elles sont déjà venues. Pour les retrouver:

    Tartalapraline est passée nous voir le 13 juin, Tartozépinar le 4 juin, Popina le 26 juin et Tartiflette le 2 septembre.

    Ronde des sorcières

    La ronde des sorcières

       Tout le monde sait que les nuits de pleine lune, les sorcières se réunissent au pied du vieux chêne creux, au beau milieu de la forêt de Brosse Landes.  Non ? Ah bon ! eh bien, si c’était un secret, maintenant, tu le connais...mais tu n’es pas obligé de le répéter.

         Et puisque je t’ai révélé cette info, je vais te raconter l’histoire d’Angélise, une adorable brunette toute rigolote avec ses longues boucles qui tombent en cascades sur son dos.

    Cette histoire de sorcières ne lui est pas inconnue ...et pour cause !!! Elle n’ignore pas le secret de ces drôles de dames.

     Ce soir, elle se prépare pour être la plus belle de toutes : elle enfile une longue robe bleu ciel brodée d’étoiles et de paillettes,  démêle consciencieusement son éclatante chevelure et entoure ses  jolies boucles d’un nœud de satin rose. Elle s’approche de la fenêtre et jette un coup d’œil vers le ciel. Bien dégagé, il laisse entrevoir une multitude de points brillants accompagnant une imposante lune toute ronde et brillante. Ça y est, c’est le grand soir !!!

    Angélise saute sur sa trottinette et file en direction de la forêt, à la sortie du village de Noyal. C’est la première fois qu’elle est invitée au grand rendez-vous des sorcières un soir de pleine lune ! Elle a un peu peur surtout parce qu’elle est la plus jeune de toutes, et que contrairement à la grande majorité des autres, elle fait partie des sorcières bienveillantes, celles que l’on dédaigne et que l’on méprise un peu dans le groupe !

     Un peu essoufflée, elle arrive dans la clairière, ou déjà de nombreuses sorcières attendent en cercle près de l’immense chêne séculaire. Elle s’assoit près de sa marraine, la sorcière Charlottonougat, la plus gentille de toutes.

    -         Tu es en avance, on ne t’attendait pas avant minuit dix sept, lui souffle-t-elle à l’oreille

    -         Je sais, mais je ne voulais pas rater l’arrivée de nos amies.

    Et elle a bien raison. L’arrivée des sorcières le soir de pleine lune est un spectacle vraiment extraordinaire, exceptionnel...je dirai même plus, hallucinant.

    Des centaines et des centaines de femmes, petites, grandes, grosses ou minces, moches, voire carrément  hideuses  pour la plupart,  arrivent de toutes parts. Les unes, très traditionnelles, déboulent des airs à cheval sur leurs balais, d’autres débarquent de nulle part, comme s’il leur suffisait de claquer dans leurs doigts pour se rendre d’un endroit à un autre. Il y a aussi celles qui rappliquent à bicyclette ou en scooter, et celles qui affluent à pied tout simplement. Angélise ne sait plus ou donner de la tête. Certaines ont l’air carrément méchantes, antipathiques, odieuses, cruelles (ça se voit sur leurs visages couverts de pustules et de rides !), d’autres plus sympas...mais on lui a appris que cela ne voulait rien dire, elles peuvent être encore plus dangereuses que les autres.

    Toutes s’installent dans le cercle qui devient gigantesque.

    Quel vacarme ! toutes les voix aiguës, mielleuses, aigrelettes, doucereuses, s’élèvent en même temps...C’est à qui raconterait l’anecdote la plus horrible avec des éclats de rire ou des ricanements insolents. Chouettes et hiboux sont aussi de la partie avec leurs hululements et leurs chuintements.

    Soudain, tout ce brouhaha perd de son intensité et s’arrête net. Toutes les têtes se lèvent alors vers le ciel en direction de la lune qui semble plus gigantesque encore. En son centre, une femme vêtue d’une longue robe noire et enroulée dans un châle apparaît, entourée d’une lumière intense et d’une armée de rapaces nocturnes.

    -         La voilà...elle arrive !!!

    Angélise découvre enfin pour la première fois Lucidora, la sorcière des sorcières, la reine des sorcières, celle dont les pouvoirs maléfiques dépassent ceux de toutes les sorcières réunies, celle que toutes craignent par dessus-tout...Sur son balai magique, elle accélère et se retrouve en deux temps trois mouvements au centre du cercle.

    Toutes se dévisagent en attendant qu’elle prenne la parole. Elles savent qu’elle va s’adresser à chacune pour les féliciter, les réprimander ou leur imposer sa volonté. Halloween approche et toutes doivent être prêtes pour cette grande fête qui devrait effrayer plus que jamais tous les enfants de la région.

    Elle fait rapidement le tour du cercle et s’arrête, majestueuse, intimidante, face à Angélise. Avec un petit rire strident, elle complimente la nouvelle venue en lui souhaitant beaucoup de courage et de persévérance pour affronter les « Vraies » sorcières et essayer de déjouer leurs pièges.

     

    Elle demande ensuite aux autres de lui exposer leurs projets les plus terribles et sournois pour Halloween.

    D’un coup de baguette magique, les plus habiles transforment alors les arbres de la forêt. Tartalapraline présente ses nouveautés dans un incroyable arbre rempli de bonbons aux couleurs vives. Elle lui explique que les enfants ne pourront pas résister à ses friandises représentant la reine des neiges ou les personnages de Star Wars en guimauve ou gélatine.

    Tartozépinar transforme un sapin en arbre à histoires dans lesquelles les gamins ne pourront que se laisser enfermer tellement ils seront envoûtés. Popina lui vole la vedette en exhibant un arbre à contes grandiose...Saperlipopinette !...elle est sûre de les captiver, charmer, hypnotiser au point qu’ils n’auront plus envie de retourner chez eux.

    Dans son habit de clown, Arlette Tartiflette est absolument certaine de les rendre chèvres avec ses expressions à la noix. Quand aux autres sorcières, Grossepatate, Cornedebuse, Grainedecourge et toutes les autres, les plans qu’elles révèlent (mais que je ne dévoilerai pas aujourd’hui !) sont des plus diaboliques...Fédébétiz échappe à la règle, mais ce n’est pas de sa faute, elle est tellement « tête en l’air » qu’elle se trompe toujours dans ses formules !!!

    Patience !elles ne tarderont pas à faire leur apparition !

     

     

    -          

     


    votre commentaire
  • Belle journée à tous bad ,

    Je tiens absolument à vous prévenir avant qu'il ne soit trop tard....Demain, ma première histoire de sorcières du mois viendra prendre place dans ce blog!! Normal!! elles se préparent déjà pour Halloween!

    Alors attention, âmes sensibles, les sorcières ne sont pas toujours de "charmantes personnes!!"

    Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas mis en garde

    Annonce


    votre commentaire
  • Belle journée à tous yes ,

    En compagnie d'un gardien de phare Félicité se laisse guider...que de découvertes en perspective ...et de belles et surprenantes rencontres.

    (le début de l'histoire : 6 , 13 , 20 et 27 septembre)

    La suite mercredi prochain

    Les illustrations, bien sûr, de François

    Félicité - 5 -

        Sezig était indéniablement un guide précieux qui connaissait l’île comme sa poche, les moindres recoins, mais aussi d’incroyables anecdotes et récits historiques. Il enthousiasma Félicité en lui racontant la légende de ces deux jeunes amoureux transformés en pierres par les sorcières du village et qu’une bonne fée délivre les soirs de pleine lune. Il la fit aussi beaucoup rire en lui relatant l’épisode des méchants pirates qui se réfugièrent dans les grottes creusées dans les falaises et qui ont dû attendre plusieurs semaines les fortes marées pour être délivrés… Elle se demanda même s’il ne l’avait pas inventé pour elle !

    Ils parcoururent des chemins étroits entourés de genets, d’ajoncs et de bruyère et longèrent un long moment le sentier côtier qui domine les falaises et la mer.

    -         Arrêtons-nous là, décida soudain Sézig, C’est à cet endroit que la nature offre le meilleur d’elle-même.

    -         Oups, que c’est haut, soupira Félicité prise de vertige tandis qu’elle penchait sa tête au-dessus de la falaise.

    -         Ce paysage est à l’image de ce que vous découvrirez sur le continent : une beauté sauvage, parfois féroce, mais tellement attachante avec ses couleurs intenses et tellement différentes tout au long de la journée. Et puis, respirez cette odeur puissante ! Un savant mélange de goémon et du parfum des plantes environnantes ! N’est ce pas enivrant ?

    Assis côte à côte, ils discutèrent longtemps, se découvrant une passion commune pour la mer qu’ils contemplaient à l’unisson.

        Soudain, attirée par un léger bruissement, Félicité détourna la tête à l’instant même où une drôle de créature aux longues oreilles tombantes débouchait d’un talus tout proche… Frrt ! … Elle disparut aussitôt, la laissant perplexe.

    -         Vous avez vu? Qu’est-ce que c’était ?

    -         Probablement un lièvre, ils sont très répandus sur l’Ile et personne ne les chasse.

        Bien qu’elle n’en fut pas absolument convaincue pour avoir cru distinguer un chapeau pointu, un gilet rouge et un pantalon rayé sur la créature, Félicité se contenta de cette explication…elle savait que son imagination lui jouait parfois des tours.

    -Allez, assez bavardé, il faut y aller à présent si vous ne voulez pas partir trop tard, affirma Sezig.

       Ils arrivèrent au port en fin de journée et le gardien du phare confia sa protégée à l’un de ses amis pêcheurs. Une pointe d’émotion les étreignit lorsqu’ils se séparèrent et ils se promirent de se revoir et de se donner des nouvelles de temps en temps.  Félicité embarqua sur le chalutier « la Marie-Joseph » pour une longue nuit de pêche en mer.

     

       Une longue lettre

     Félicité - 5 -

        Chaque jour, Xavier surveillait sa boite aux lettres, et il dut attendre quatre jours avant de voir le facteur y glisser une enveloppe verte portant son nom. Il prit le courrier, déposa sur la table du salon celui adressé à ses parents et emporta sa lettre dans sa chambre pour la lire tranquillement.

        Allongé sur son lit, il déploya devant lui les cinq pages écrites par Félicité et commença sa lecture. Elle lui exposait en détails sa première journée, sa rencontre avec le gardien de phare, et sa traversée jusqu’à la pointe du Finistère:

    « Dès que le chalut était remonté et hissé sur le pont des centaines de mouettes arrivaient d’on ne sait où pour entourer le bateau ! Elles le suivaient en criant et piaillant jusqu’à ce que les pêcheurs trient sardines, anchois et maquereaux et rejettent en mer le reste des poissons dont elles se régalaient ! C’était magique !…Debout pendant des heures, les hommes travaillaient sans relâche, et je les aurai aidés  volontiers sans le roulis et l’odeur un peu incommodante des…. »

    - Ouais, c’est ça !! Marmonna Xavier en riant…tu as été malade ma jolie ! .

     Dans sa lettre, Félicité décrivait ensuite avec précision son arrivée sur le quai et la vente du poisson à la criée :

    « Je n’y comprenais rien tellement ça braillait de toutes parts…et puis encore cette odeur de poisson ! J’ai voulu partir très vite, et je me suis retrouvée par terre, les pattes en l’air à glisser sur le sol humide. Heureusement, un touriste anglais, très aimable (c’est le seul qui ne s’est pas mis à rire en me voyant) m’a gentiment aidé à me relever. On a sympathisé et il m’a proposé de m’emmener avec lui pour découvrir le charme du littoral en avion.

    Avec lui, j’ai ainsi pu survoler la Côte de Cornouaille, la presqu’île de Crozon, la Côte des Légendes et la Côte de Granit Rose qui présentent une grande diversité de paysages exceptionnels…C’est beau à vous couper le souffle !!! Mais tu jugeras par toi-même sur les photos que je t’ai envoyées… c’est sympa non ? »

     

     
       


     

     


    votre commentaire
  • Belle journée à tous sarcastic ,

    Voici deux photos pour vous les enfants...Qu'en pensez-vous ? êtes-vous inspirés pour me raconter une petite histoire ??

    promis, je vous raconterai ma version ensuite...mais je suis sûre que votre imagination dépassera la mienne.

    A vos crayons !!

    Bisous à vous tous.

    chats perchés

    chats perchés


    votre commentaire
  • Belle journée à tous, sarcastic

    Lundi...une nouvelle semaine commence, et comme tous les lundis depuis un certain temps, voici une nouvelle histoire "insolite" et bien réelle.

    Programme de la semaine : demain : nouvelle photo ou image (pour la création des enfants!!!)

    mercredi : suite des aventures de Félicité (comme chaque mercredi depuis un mois)

    Jeudi ou  vendredi : nouvelle histoire "inédite" pour les petits

    Bonne semaine à tous

    Télépathie - 2 -

    Sur la même longueur d’onde - 2

        Avant de commencer à écrire je tiens à préciser que cette histoire est absolument réelle (comme les autres d’ailleurs) bien qu’elle semble complètement ahurissante. Je vais essayer d’être le plus précise possible bien qu’elle soit particulièrement difficile à retranscrire. En effet, certains éléments relèvent un peu du « paranormal » et m’échappent complètement… (Quoique, avec le temps, je me dis que le « paranormal » est un phénomène qui dépasse simplement notre bonne vieille logique)

    Je tiens juste à ajouter que n’étant ni psychologue, ni scientifique, ni spécialiste en quoi que ce soit, je ne peux donner aucune explication à cette histoire étrange, mais seulement essayer de la retranscrire avec le plus de vérité possible.

    Bon, ceci dit, je me lance :

     Tout d’abord, il faut se souvenir du contexte :

    1- J’ai trente cinq ans et je n’ai jamais eu mon permis de conduire. Nommée aux quatre coins du département au début de ma carrière, je n’ai jamais pu rester assez longtemps dans la même auto-école…J’ai néanmoins obtenu deux fois mon code du premier coup et sans la moindre difficulté. J’ai également une trouille bleue sur la route !

    2- Nos parents viennent d’avoir un accident de la route qui leur a coûté la vie tout près de chez eux, en pleine agglomération nantaise (je passe sur les détails mais je suis extrêmement choquée !! )

    3- Ma peur de la route s’est transformée en véritable terreur…et c’est peu dire !

    4- Je décide donc d’entreprendre une thérapie, et pas n’importe laquelle…en passant mon permis de conduire (en cachette, je n’en parle à personne, même pas aux enfants…on ne sait jamais, ça peut rater)

    Voilà ! Il ne me reste plus qu’à trouver une auto-école avec un moniteur hors-pair, compétent bien sûr, mais aussi patient, bon pédagogue, psychologue, compréhensif, attentionné et surtout calme… très très calme ! La perle rare quoi !...et je l’ai trouvé !!

    Si vous aussi vous rencontrez un moniteur qui, comme lui, vous donne des leçons de conduite avec patience, persévérance, sérénité et qui, en plus vous apprend à respecter les autres sur la route, gardez-le précieusement et conseillez-le à tout votre entourage.

     Je me lance dans l’aventure avec de grosses difficultés…Je commence simultanément les leçons de code et celles de conduite. Pour le code, je me dis que ce sera juste une formalité…mais pour chaque leçon de conduite, je tremble de tous mes membres, j’y vais à reculons, il m’arrive de vomir avant de partir et je fais d’horribles cauchemars. Par exemple, une nuit, je rêve que le moniteur décide de me faire conduire la voiture accidentée de mes parents, et que nous allons à la « casse » pour la chercher. Je la vois complètement défoncée (il faut savoir que je n’ai jamais vu la voiture après l’accident et qu’elle devait en effet être dans le même état que celle qui m’est apparue en rêve !!!).

    Bref, « C’est pas gagné ! », mais comme le dit si bien l’épouse de mon moniteur :

    -         « Mon mari ferait conduire une chèvre ! »…merci madame. Mais il faut avouer que c’est vrai, cet homme a un véritable DON ! (et quel don !)

     Notons à ce moment de l’histoire, qu’à chaque leçon de conduite, je suis particulièrement agressive, allant même jusqu’à faire des tas de reproches injustifiés à mon moniteur, qui, lui, reste impassible, imperturbable. D’autre part, j’ai des sensations étranges, quelque chose de totalement inconnu pour moi :

    C’est comme si cet homme comprenait mieux que moi les raisons pour lesquelles je suis si nerveuse, comme s’il savait à l’avance comment je réagirai dans telle ou telle situation, parfois même, j’ai l’impression qu’il devine ce que je pense et cela me met particulièrement mal à l’aise…cela arrive à chaque leçon….

    Je vais essayer d’être plus claire…Il y a des tas de rétros dans la voiture et parfois, dans l’un d’eux, je surprends son regard, pas sur mes maladresses en tant que conductrice, pas sur moi, mais à l’intérieur de moi (c’est difficile à expliquer !). Autre  truc bizarre : deux ou trois fois par séance, je devine, avant même qu’il n’ouvre la bouche, ce qu’il va dire, des choses banales comme « tourne à gauche » ou « accélère » mais je mets ça sur le compte du hasard.

     Un jour, nous avons évité un accident de justesse.  Un camion venant d’on ne sait où me grille la priorité. Heureusement, le moniteur donne un énorme coup de frein qui nous évite le pire (à ce moment, je me dis que seule, je ne serai plus là…je n’ai pas vu le camion !) :

    -         «  Excellent réflexe » me lance le moniteur

    -         «  Mais, je n’ai rien fait, je n’ai même pas vu le camion »

    -         « Mais, c’est toi qui a freiné » continue-t-il…. Je me fâche, il ne faut pas me prendre pour une imbécile, je sais bien que je n’ai rien vu, mais lui, n’en démord pas. A l’heure qu’il est, je n’ai encore pas compris ce qui s’est passé. Si c’est moi qui ai réellement freiné, c’est lui qui me la soufflé par télépathie (comme dans l’histoire de la passiflore)

    Très étranges ces leçons, mais je suis tellement fragilisée que je suis persuadée que c’est ma sensibilité qui me joue des tours.

     Bref, laissons un peu la conduite de côté pour passer au code…A ce stade de l’histoire, tous les éléments décrits précédemment sont importants pour tenter de comprendre ce qui va suivre. Là, commence l’histoire la plus incroyable que j’ai eu, je dirai « l’opportunité » de vivre.

    Comme je le déclarais précédemment, le code ne serait qu’une formalité bien sûr ! Je l’avais déjà obtenu deux fois du premier coup et dans des conditions beaucoup plus difficiles que le questionnaire-diapos que l’on nous proposait à présent…On se retrouvait face à un inspecteur, dans la voiture ou dans une salle et l’on devait répondre du tac au tac, malgré le trac !

    Il faut quand même prendre quelques leçons…et oh surprise ! J’accumule les erreurs…plus de dix fautes !!! Il suffit de réviser un peu et de plonger quelques heures dans le livre de code, ce que je fais sans rechigner…mais étrange, je ne décolle pas…en une vingtaine de leçons (j’ai honte de dire ça, mais c’est pourtant vrai !) je n’ai jamais fait moins de cinq fautes ! Pas de quoi passer le code…ce qui n’est pas sans énerver mon moniteur qui m’annonce un jour, au début d’une leçon de code :

    -         « ça y est tu passes le code la semaine prochaine, je t’ai inscrite »

    -         « Mais, ce n’est pas possible, je  n’ai jamais fait moins de cinq fautes ! »

    -         « Tu en es capable ! »

    J’ai beau protester, il s’éclipse comme s’il ne m’avait pas entendu vers un autre candidat. Je suis furieuse et je me dis que je vais rater cette épreuve, et que tout sera à recommencer.

     Je m’installe tout au fond de la salle, à droite, le moniteur prend sa place devant, face à  l’écran de projection pour passer les diapos…j’insiste : il a les yeux fixés sur l’écran et moi, je suis dans le fond de la salle à l’opposé, lumière faible (pour voir les diapos et quand même la feuille sur laquelle on coche les cases). Il n’y a aucune chance pour qu’il puisse voir ce que je fais ! D’ailleurs, il ne regarde pas la salle !!!!

     Et c’est parti mon kiki !

    Première diapo : le moniteur lit la question, nous laisse juste le temps de répondre et passe à la seconde. Diapo suivante, lecture de la question, réponse …et ainsi de suite… pas trop le temps de réfléchir, ça va très vite (les conditions de l’examen parait-il !)

     Tiens ! La diapo suivante reste plus longtemps, je ne pourrai pas dire pourquoi, mais j’ai le sentiment que c’est pour moi. En même temps, je me dis que c’est stupide, pourquoi moi ? Nous sommes une quinzaine dans la salle !  Encore plus bizarre, j’ai l’impression que le moniteur me dit (dans ma tête !!) que j’ai fait une erreur. Voyons-voyons ! Ah oui, j’ai coché la mauvaise case…je corrige (on a le droit de changer une fois la réponse). Drôle de coïncidence quand même !

    Mais à plusieurs reprises le phénomène se reproduit

    Quelques questions plus tard…la diapo reste encore un moment. Là, je m’aperçois nettement qu’une réelle communication a lieu. Ça passe directement « par la pensée »…j’ai du mal à l’expliquer clairement, mais je reçois des informations « en bloc », l’espace de quelques dixièmes de secondes. Elles peuvent pourtant se traduire en phrases complètes, parfois assez longues…Et je réponds…

    Ce qui est plus étrange encore, c’est que sur le moment je ne suis même pas surprise. Je sais que le moniteur s’adresse à moi, qu’il agit en fonction de mes réponses (pourquoi moi, je ne me pose même pas la question)…ça donne à peu près ceci :

    -         «  Pourquoi laissez-vous la diapo plus longtemps »

    -         «  Tu t’es trompée »

    -         « Non » (je dis toujours non, j’ai dû mal à me laisser manipuler…et je suis un peu comme St Thomas, je ne crois pas à ce qui m’arrive)

    -         « Si, regarde bien »

    -         « mais là je peux doubler sans problème....bonne visibilité etc etc… »

    -         « regarde bien »

    -         « ah oui, mince, je n’avais pas vu le clignotant de la voiture qui suit »

    Je coche donc une autre case…

    Six ou sept fois (plus de cinq en tous cas), je change ainsi de réponse….une fois, je résiste davantage…peut-être pour avoir la preuve de ce qui est en train de se produire…Le moniteur fait de même. La diapo reste sur le mur très très très longtemps. Je laisse faire. Je pose mon crayon, bien décidée à ne pas changer ma réponse :

    -         « Vous pouvez passer à la suivante…je ne changerai rien »

    -         « Si, tu vas changer ta réponse »

    -         « Non, elle est juste ! »

    -         « Bien sûr que non »

    -         « Mais…les autres candidats vont s’étonner, ça fait trop longtemps que la diapo est sur le mur » d’ailleurs, il me semble que dans la salle, ça commence à s’agiter

    -         « je la laisserai tant que tu n’auras pas modifié ta réponse »

    -         «  Et moi, je n’en ferai rien. D’ailleurs, je ne regarde plus !! »

    -         « REGARDE LA LIGNE BLANCHE !!!! » Là, je sens de la colère….c’est la première fois qu’il me donne  la réponse. D’habitude, il me laisse chercher

    -         « oh merde, la ligne blanche. Autant pour moi, je n’avais pas vu ! » et je coche l’autre case.

     Après tout cela, s’il me reste quelques doutes sur ce phénomène, la correction du questionnaire ne m’en laisse plus aucun : le moniteur reprend les questions les unes après les autres, demandant à l’un ou l’autre des candidats la réponse qu’il a coché…et comme par hasard…il m’interroge sur toutes les questions que j’ai modifiées.

    Bilan de l’opération : zéro faute. C’est la première et la dernière fois que je ne fais aucune faute.

     Je rends ma feuille…aucun commentaires…je sors de la salle encore sonnée. Je rentre à la maison dans un état second. …et pour la deuxième fois de ma vie (la première étant pour le mariage de ma cousine), je passe une nuit blanche…impossible de fermer les yeux, je passe et je repasse sans cesse cette soirée dans ma tête, dans les moindres détails. Je ne comprends rien mais je suis, et il y a de quoi, profondément troublée.

     Le lendemain matin, nouvelle leçon de conduite. Autant dire que dans la voiture, je ne décroche pas un mot, le moniteur non plus d’ailleurs, mis à part les « à droite », « à gauche », « accélère un peu »…fin de parcours, je gare la voiture près de l’auto-école et m’apprête à sortir :

    -         «  Tu vois bien que tu es capable de passer le code » me lance le moniteur.

    Mon sang ne fait qu’un tour. Il se moque de moi, c’est sûr !  J’explose littéralement :

    -         « Mais…ce n’est pas moi qui ai répondu aux questions hier soir ! »

    -         « Que veux-tu dire par là ? »

    -         « On a fait de la transmission de pensée ! » Il sourit (pas moi, je dois être pâle comme un linge…jamais je n’aurai osé dire un truc pareil avant !)

    -         «  Tu peux me donner des exemples ? »

    Des exemples, j’en ai plein, je raconte la ligne blanche, les diapos qui restent longtemps et ce que je dis à ce moment là etc.…

    -         « C’est exactement ça !! mais je ne t’ai pas donné les réponses…tu as corrigé toi-même ! »

    -         « ça vous arrive souvent de  faire de la télépathie avec vos élèves ????? » Je m’énerve un peu

    -         « Non, à ce point là, j’avoue que c’est la première fois »

    Fin de la conversation… On y reviendra ensuite…en souriant…dans la voiture par exemple quand je lui demande ce que je dois faire

    -         «  tu dois savoir »  me répond-il en se moquant

    Et je tourne à droite…

     Quelques jours plus tard, je passe mon code…Le moniteur me conduit devant la salle d’examen. Je suis anxieuse et je lui en fais part. Il me rassure en me disant que tout va bien se passer, et en effet, je reste concentrée et j’y parviens. Je fais quand même quatre fautes, mais j’ai mon code.

     Il avait deviné, bien avant moi, que je résistais, inconsciemment, je voulais mais je refusais en fait ce permis…quand je parle de thérapie !!!

     Une question me taraude quand même depuis : je veux bien croire que l’on peut communiquer avec quelqu’un par télépathie, mais comment le moniteur a-t-il fait pour connaître les réponses que je cochais, sans rien voir ?  J’étais tellement abasourdie à l’époque que je n’ai jamais osé lui demander…

    Après neuf mois d’un travail acharné pour mon moniteur et quatre vingt dix leçons très éprouvantes pour moi, j’ai obtenu mon permis de conduire….du premier coup !!! Avant de sortir de la voiture, je me suis retournée vers mon moniteur : il avait les larmes aux yeux !!

    Je confirme : Il aurait pu faire conduire une chèvre !

     


    2 commentaires