• Belle journée à toutes et à tous,

    Aujourd'hui, c'est la fête de la Toussaint (fête de tous les Saints), c'est aussi le jour où l'on fête les morts (pourtant c'est demain leur fête!)

    Peu importe, ce que j'ai envie de dire aujourd'hui, c'est qu'ils sont "près de nous" ...et avec Stéphane Allix,  qu'il y a une vie après la vie...Je suis d'ailleurs en train de lire son livre "Le Test" dans lequel il donne la preuve de l'Après-Vie après de nombreuses recherches très sérieuses.

    Ce mois-ci, je raconterai dans ce blog quelques histoires assez troublantes de ce dont j'ai fait, malgré moi, l'expérience (histoires vraies bien entendu!)..Certains d'entre vous en connaissent déjà.

    évidemment, comme ce blog s'adresse aussi aux enfants, je raconterai aussi des histoires pour eux (chacun son tour!!!)

    La Toussaint

    La Toussaint

        C’est aujourd'hui  la Toussaint.

    Je serai tentée de dire comme beaucoup d’autres avant moi : « N’oubliez pas les personnes que vous avez aimées ! » …

    Le choix vous appartient, cela peut aller d’une simple pensée à un bouquet de fleurs pour égayer le cimetière pendant quelques jours.

     C’est vrai que ça à l’air stupide de penser à quelqu’un juste ces jours-là !!! Pourquoi pas le 25 décembre, le 14 juillet ou un jour neutre comme le 6 mai ?

    En tous cas, elles (les personnes que l’on a aimées), elles ne nous oublient pas ! Et pas seulement à la Toussaint ! J’en ai eu une petite démonstration assez singulière il y a quelques années, et je vais me faire un plaisir de la raconter dans ces quelques lignes.

       Je n’étais encore qu’une gamine (trente cinq ans c’est très jeune !) et comme la plupart des gens qui perdent un être cher trop tôt, j’avais pris l’habitude d’aller porter des fleurs sur la tombe de mes parents dès que l’occasion se présentait, surtout les mois suivant  leur départ :  A Noël donc, le 22 janvier, jour anniversaire de ma mère, le 24 février, jour anniversaire de mon père et par la suite dès que je pouvais confectionner un petit bouquet avec les fleurs du jardin.

    Je ne pourrai pas dire pourquoi, mais j’avais l’impression que cela m’apaisait un peu, que s’ils étaient « quelque part », ils sauraient ainsi que je pensais à eux et qu’ils me manquaient cruellement…En fait, je crois à présent que le fait d’aller porter des fleurs me donnaient bonne conscience dans cette phase de deuil ou l’on « culpabilise » terriblement…allez savoir pourquoi ?

       Bref, au  printemps suivant, la vie reprenait le dessus et le premier à en profiter était bel et bien le jardin qui habillait ses arbres et fleurissait ses parterres et jardinières …l’idée me vint alors d’aller cueillir quelques fleurs et une branche de seringa (pour lequel ma mère avait un faible) pour les porter dans le vase qui se trouvait toujours au cimetière.

    Je dépose le bouquet sur la hotte au-dessus de la gazinière en attendant le moment propice pour faire cette démarche

    J’ai encore mille et une choses à terminer à la maison : un peu de rangement, mon heure journalière de repassage (eh oui, avec quatre enfants, je n’y coupe pas), et la préparation du diner… un gratin de pâtes.

       Le soir arrive, je n’ai toujours pas pris le temps d’aller porter le bouquet. Je le regarde, posé au beau milieu de la hotte et je me dis qu’il peut rester là jusqu’à demain. Rien ne presse après tout.

    Nous passons donc à table, je vais ouvrir le four pour sortir le gratin, et là, stupéfaction générale : le vase « glisse » sur les quelques 30cm de hotte et s’écrase entre le four et moi…. On reste tous « bouche bée »…La table est juste à coté et on a tous assisté à cette scène sans rien y comprendre. Que s’est-il passé exactement ?

    Aucun courant d’air (la porte de la cuisine est fermée)… je n’ai pas fait de fausse manip’ et je n’ai pas encore ouvert le four (donc pas de vapeur, de chaleur, de secousse….)…et puis du milieu de la hotte se retrouver par terre en moins de quelques dixièmes de seconde, on croit rêver !

    On se pose toutes sortes de questions auxquelles on ne peut répondre. Incroyable ce truc !

    La nuit porte conseil dit-on …Sans doute !

    Je me réveille le lendemain matin avec ce flash : nous sommes le 23 avril, la veille, le 22, c’était l’anniversaire de mariage de mes parents !

     No comment !

         En y réfléchissant bien, je pense à un autre  « signe » de ma mère et je nous revoie tous les quatre au cimetière quelques années auparavant ….Je ne décrirai pas les circonstances de l’accident ni les quelques jours de détresse et de souffrance qui ont précédé ce jour-là. Je dirai simplement que la cérémonie d’adieu de mon père avait eu lieu huit jours plus tôt et que c’était au tour de notre mère. Inutile d’expliquer dans quel état nous étions tous ! Pas de larmes cependant, nous étions trop anéantis, cassés, terrifiés…vides !

    Malgré tout, au moment précis où les employés des pompes funèbres s’apprêtaient à descendre le cercueil en terre, nos yeux s’embuèrent…l’espace de quelques secondes !!! Sans crier gare, une pluie torrentielle s’abattit sur le site, nous forçant TOUS à regagner nos véhicules à la vitesse grand V. Le ciel était pourtant dégagé, aucun nuage n’était venu obscurcir le ciel les heures et minutes précédentes, aucune averse n’était prévue ce jour-là…en fait, nous avions tous prévu une petite laine (nous étions quand même début décembre !) mais pas de parapluie, pas de vêtement de pluie bien sûr….

        Ce jour-là, personne n’a vu le cercueil de ma mère descendre en terre !

    Dans la voiture, la première chose qui me vient à l’esprit c’est que cette pluie venant de nulle part est un signe de ma mère et je m’empresse de le dire à mon mari qui acquiesce… On se souvient de cette journée tout à fait banale à Piriac, deux ou trois ans plus tôt.

    -         -  Quand je mourrai, vous ne pleurerez pas, nous avait soudain  affirmé ma mère

    -         -  Ça ne va pas ! qu’est-ce-qui te prend ! ce n’est pas le moment de parler de ça ! c’est stupide…et puis,  bien sûr que si, on pleurera, c’est idiot ce que tu dis…C’était bien une idée à elle, un truc pareil !

    Dans la voiture, on ne dit rien de plus, mais en arrivant devant la maison de nos parents, ma sœur m’accueille avec un sourire (oui oui, un sourire) et me dit :

    -          - Tu ne crois pas que c’est un signe de maman cette pluie ?

    -          - C’est drôle, c’est ce que j’ai dit dans la voiture !.

    Sur ce, l’un de mes frères arrive et nous dit :

    -          - Dites donc les filles, j’ai pensé que c’était un signe de maman la pluie, elle avait dit que l’on ne pleurerait pas, vous vous souvenez ?

    -          - Oui, on a dit la même chose

    Au même moment, mon deuxième frère arrive à son tour et lance :

    -          _Vous savez quoi ?

    -          - Oui, lui répond-t-on en chœur ! c’est un signe de maman !

    -          - Vous y avez pensé vous aussi !!

    Cette anecdote se termine dans un grand éclat de rire !! Nerveux certainement, mais rire quand même ! C’est ce qu’avait prévu ma mère…. 

    Elle avait quand même tort !! Plus de trente ans après, on pleure encore sa disparition !!!!

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  • Coucou tout le monde....

    Joyeux Halloween à tous !!!

    Certains vont se déguiser pour aller frapper aux portes du quartier....d'autres ne fêtent tout simplement pas ce jour.....

    Je vais vous faire un aveu : j'ai peur des sorcières....Pourtant, il y en a une que j'aime bien...et je ne résiste pas à la tentation de rappeler son histoire aujourd'hui....

    Avec le dessin de Philippe (j'aime bien ce dessin aussi!)

    C'est :

    Tartalapraline

    Tartalapraline

     

    Tartalapraline vivait dans une grotte formée dans les rochers sur la côte bretonne. Toute la journée, elle passait son temps près de sa grande marmite noire pour préparer sa potion magique…mais, tandis que les autres sorcières confectionnaient des potions avec des ingrédients dégoûtants, bave de crapaud, araignées, souris et cafards, Tartalapraline, elle, ne jetait dans sa marmite que des douceurs et sucreries.

     De très loin, les enfants étaient attirés par les effluves exquis du miel, du chocolat chaud, de la barbapapa, du nougat, et du chewing-gum  à la fraise qui s’en échappaient, remplaçant agréablement l’odeur familière du goémon séché sur les plages.

    N’allez surtout pas croire que Tartalapraline était une gentille sorcière ! Non, non, non. Si sa potion ne contenait que les mets préférés des enfants, c’était uniquement pour les ensorceler et les faire venir jusqu’à l’entrée de sa grotte…. Lorsqu’ils arrivaient, elle les invitait gentiment à venir s’asseoir à sa table, leur donnait un grand bol de sa  pitance et finissait toujours par les retenir prisonniers. Pourquoi ?, mais pour les gaver jusqu’à ce qu’ils deviennent gros et gras….et ensuite les manger ! C’était une sorcière qui dévorait  les enfants !Une ogresse quoi !

    Parfois, elle allait elle-même sur les plages pour les chercher en se transformant en marchand de chichis et d’esquimaux glacés…

    Un jour, un enfant plus malin que les autres, comprit qu’il s’agissait d’une sorcière -  Il l’avait reconnue grâce àla grosse verrue qui déformait son nez et aux trois poils qui sortaient de son menton crochu - et puis, il avait lu dans un livre que le sucre n’était pas toujours bon pour la santé. Sa maman aussi lui avait dit que trop de bonbons, de gâteaux à la crème, glaces à la pistache et caramels au beurre salé de Guérande pouvaient provoquer de jolies  caries sur les dents…et que ça pouvait faire très très mal !

    Toujours est-il que cet enfant, un petit garçon du nom de Louwenn, comprit que cette dame qui lui offrait un grand bol de chocolat à la noisette et au nougat de Montélimar ne pouvait pas être si gentille que ça. Il y avait en elle quelque chose de bizarre…peut-être sa voix : trop mielleuse, sa robe : trop noire, son chapeau : trop pointu, sa figure : trop boutonneuse, ses cheveux : trop filasses ou simplement sa dent : elle n’en avait qu’une justement, ce qui signifiait bien sûr qu’elle avalait trop de sucreries elle-même.

    Toujours est-il que Louwenn fit mine d’accepter la proposition de Tartalapraline. Il prit le bol, goûta la mixture et se mit à cracher

    -          - Tu n’aimes pas mon chocolat ? lui demanda la sorcière.

    -          - Si, bien sûr, mais il manque des céréales, lui répondit Louwenn ;

    La sorcière fronça les sourcils et se dit que ce petit garçon était la proie idéale…il en demandait encore plus. Elle alla donc chercher une grosse poignée de céréales dans la cuisine qu’elle s’était aménagée derrière le rocher.

    Louwenn prit une autre gorgée et fit une grimace épouvantable.

    -          - Il manque de la confiture, fit-il dégoûté

    La sorcière s’empressa d’ajouter une bonne grosse cuillerée de confiture de mûres.

    -          - Il manque du miel, poursuivit-il en retroussant son nez dans une petite moue contrariée.

    Satisfaite de constater que sa nouvelle victime allait grossir plus vite que les autres avec tout ce qu’il voulait ajouter dans son bol, Tartalapraline se précipita vers la ruche la plus proche pour prélever un maximum de cette délicieuse substance blonde et sucrée.

    Quand il vit que la sorcière se mettait en quatre pour lui dégoter tous les ingrédients qu’il réclamait, Louwenn posa tranquillement son bol sur le sable en haussant les épaules :

    -          - Quoi encore ! s’exclama la sorcière…qu’est-ce-que tu veux encore ? pesta-t-elle un peu fatiguée quand même de tous ces allers-retours.

    -          - Il manque de la vanille, dit-il calmement.

    -          - De la vanille ? et puis quoi encore ?

    -         -  C’est tout.

    -         -  C’est tout ?

    -          - Oui…c’est tout ! mais cette vanille-là, on ne peut la trouver qu’à Madagascar. C’est la meilleure !

    -          - A Madagascar ? évidemment, je n’y avais pas pensé. Qu’à cela ne tienne !! fulmina Tartalapraline en enfourchant son balai magique pour se rendre dans cette île lointaine.

    Louwenn la regarda s’envoler au-dessus de l’océan, puis il scruta l’horizon jusqu’à ce qu’il ne distingue plus qu’un minuscule point noir dans le ciel…Il fouilla alors la grotte de fond en comble à la recherche de tous les enfants qui avaient disparus les mois précédents…Il découvrit bientôt une clé cachée sous un bocal rempli de berlingots multicolores etune petite porte secrète tout au fond de la caverne. Il l’ouvrit et délivra une dizaine de petites filles et de petits garçons tous plus dodus les uns que les autres. Ils étaient si contents de sortir de leur prison qu’ils promirent de limiter leur consommation de friandises par la suite.

    Quant à la sorcière, à l’heure qu’il est, elle est assise sur une plage de Madagascar à côté de son balai qui refuse toujours de prendre le chemin du retour. Dix mille kilomètres, c’est bien assez pour lui.

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  • Coucou les enfants...et les grands enfants,

    Vous n'avez pas terminé vos dessins???? c'est dommage ! je vous raconte quand même la fin de mon aventure...D'ailleurs Ewenn m'a promis de m'en "inventer" une autre suite....Il a plus d'imagination que moi, je crois .

    Voici quand même la "vraie" fin de mon périple en forêt

    Bisatoussssssssssssss

    Luth

     

    Quelle frousse !!!

    Complètement sonnée, dans le cirage, je sens que ma dernière heure est arrivée. Je suffoque et je ne peux déjà plus respirer lorsque je sens une légère décharge au niveau de ma cheville.               

    Aussitôt, je me mets à rétrécir, rapetisser, jusqu’à devenir minuscule, échappant ainsi à l’horrible vieille mégère. Délivrée oui, mais si petite que tout ce qui m’entoure me semble monstrueux. Devant moi, une immense fourmi se tord de rire en voyant mon air hébété. La gorge douloureuse, complètement assommée, j’entends la sorcière grogner, pester, fulminer et tempêter très loin au-dessus de ma tête....elle est gigantesque ! Plus effrayante que tout ce que l’on peut imaginer !  Elle tape du pied si fort que le sol se met à trembler. Je réalise alors que si elle me découvre, là, à moitié dissimulée sous sa robe qui sent le chou pourri, elle va m’écraser comme une mouche. Je suis complètement pétrifiée, ne sachant plus quoi faire, ni où aller...Je panique également à l’idée de rester dans cet état.

    Je n’ai pas encore repris mes esprits que j’entends une voix douce et chantante juste derrière mon dos :

    -        -   Vite, suis-moi !

    C’est Luth, le lutin. Malgré ma détresse, j’ai presque envie d’éclater de rire en voyant son accoutrement : un bonnet de laine bleu terminé par un pompon blanc, une veste verte et un pantalon rouge. Il attrape ma main et me tire vers les fougères.

    -        -  Que...que s’est-il passé ?

    -         Je t’expliquerai plus tard, pour le moment, cache-toi sous ce  champignon...Foldingue n’a pas encore compris pourquoi tu as disparue, mais elle ne va pas tarder à te trouver si tu restes dans les parages. Ne bouge pas en attendant notre taxi

    -         -  Notre « taxi » ?

    -         -  Oui, c’est une façon de parler...Le voilà, vite !

    -          - Un né-né...un écureuil ?

    -          - Grimpe sur son dos, vite !!

    -          -   Ohhhhh !mais  non ! je ne peux pas... j’ai le vertige !

    -           -  Ne fais pas tant d’histoires ! dépêche-toi ! tu préfères te faire écrabouiller par la sorcière ?

    Avec Luth, je m’installe tant bien que mal sur le dos de cet écureuil, incroyablement grand (non, c’est vrai, c’est moi qui suis riquiqui). Je m’agrippe comme je peux à son cou, tandis qu’il saute de branche en branche et d’arbre en arbre avec une facilité déconcertante et une agilité extraordinaire. J’ai mal au cœur...il faut avouer que ça secoue pas mal. Les montagnes russes, le grand huit et le saut à l’élastique ne sont rien à côté…mais quel spectacle ! je découvre la forêt du sommet des arbres, je revois les sapins qui n’en finissent pas d’éternuer et je frôle les « grelots » musiciens des châtaigniers.

    En chemin, Luth m’explique que la fée Douceline, en m’apercevant dans son miroir magique, a compris que j’étais bien stupide d’aller affronter seule la sorcière…elle lui a donc confié la mission de me sauver en me faisant cette petite injection de potion magique dans la cheville

    -         -  Tu connais la suite...A présent, nous devons nous séparer….Tu es arrivée à ton point de départ…

    -          - Je ne vais pas voir la fée ?

    -          - Eh non ! pas aujourd’hui. Tu n’as pas été invitée !

    -         -  Mais c’est stupide…. C’est moi qui décide après tout !

    -         -  Tu vois où ça t’a menée cette histoire ! une autre fois peut-être.

    Je suis très déçue ! Toute cette aventure ne m’a même pas permis de rencontrer Douceline…mais je n’ai pas dit mon dernier mot !! je trouverai bien un moyen. Pour le moment, je ne dis rien à Luth qui s’apprête à retourner au cœur de la forêt.

    -          - Tu n’oublies rien Luth ?

    -          - Non, au revoir et à bientôt j’espère

    -          - Heu ! un tout « petit » détail !

    -          -  Oups ! Qu’est-ce-que j’ai fait de la poudre magique que m’a confiée Douceline ? zut, je l’ai perdue…

    -          - Oh non ! tu n’as pas fait ça ?...

    -          - Non ! c’est une blague !  comme dirait Gabriel. Tu m’as cru hein ? comme dirait  Noah…D’ailleurs, tu leur feras un bisou de ma part…Tiens avale ça !

     

    Et voilà !!!! Toute l’histoire.

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  • Coucou tout le monde,

    Oui, oui, j'ai promis...

    Voici donc le compte-rendu de mon aventure dans la forêt....oups ! juste le début...la suite demain

    D'ailleurs, les enfants? vous êtes bien en vacances en ce moment ? Non ? Que diriez-vous si je vous demandais des beaux dessins pour illustrer cette histoire????

    Merci à vous

    Bisatoussssssssssssssssss

    Rencontre...(In) attendue

     Effervescence dans la forêt

       En pénétrant, non sans une certaine appréhension, dans le petit bois de Douceline, je repense en souriant à la réflexion de Gabriel «  les arbres n’ont pas d’yeux !»*...Ils n’ont pas d’yeux, certes, pourtant, j’ai vraiment l’impression qu’ils me regardent, m’observent, me dévisagent lorsque je m’approche d’eux. J’avoue que je suis légèrement troublée par cette drôle de sensation.

    J’avance tranquillement dans une large allée rassurante, bordée de bouleaux et de châtaigniers qui, tels des caméléons ont revêtu les couleurs de l’automne : toutes les gammes de brun, rouge, orange et ocre. Leurs feuilles frémissent et vibrent sur mon passage comme des milliers de grelots minuscules agités par le vent. Elles entonnent une charmante mélodie et dansent en virevoltant dans les airs...Le cœur léger, je chantonne avec elles en m’enfonçant davantage dans la forêt.

    Le sentier s’efface peu à peu et laisse place à un grand rassemblement d’épicéas si hauts qu’ils touchent presque le ciel qui commence à s’assombrir. C’est déjà l’hiver ? Tiens, il neige ! Un frisson me parcourt tandis que les bras tendus des sapins recouverts d’une légère étole blanche se veulent apaisants :

    -           - Ah ah ahhh tchoum !

    -             -   A tes souhaits !

    Je  prononce cette phrase machinalement, sans même me rendre compte que j’adresse la parole au  plus petit des arbres, secoué par un éternuement. Je l’entends nettement me répondre :

    -          - Merci... Si j’étais toi, je n’irai pas plus loin

    -          - Pourquoi ?

    -          - Tu vas le regretter ! Ah ah ahhh tchoum

    Un peu inquiète par ce propos, je poursuis néanmoins mon exploration dans la forêt. J’ai promis et je veux tenir ma promesse.

    Plus de chemin ! Pas le moindre petit passage parmi des arbres dépouillés de toutes leurs feuilles, et qui semblent de plus en plus hautains, arrogants, provocateurs... je suis quand même très peu rassurée et commence à avoir carrément peur.  Pour vaincre cette angoisse qui m’envahit soudain,  j’essaie de reconnaître ces arbres massifs, trapus, puissants, robustes, qui m’accueillent étrangement et viennent vers moi avec un air menaçant....Des hêtres ?  Des chênes ? Des charmes peut-être...des...Oh ! On dirait qu’ils se rapprochent encore.

    Mais, non, ce n’est pas possible ! Ils ne peuvent pas bouger ! Je rêve !

    Eh bien non ! En fait, ils sont en train de déployer vers moi leurs énormes branches vigoureuses...je suis sûre à présent qu’ils cherchent à m’attraper...mais pourquoi ?

    J’essaie de déguerpir au plus vite… mais en vain. Leurs « bras musclés » s’entremêlent, s’entrelacent et s’enchevêtrent. Je suis encerclée et ne  peux plus avancer d’un pas.

    Du coup, je tremble de tous mes membres...je suis terrifiée !

    Devant moi, une vieille cabane de bois apparait enfin. De la fumée sort par la cheminée...la porte s’ouvre dans un grincement sordide. Je sens que je vais défaillir....je me ressaisis.

    Tranquillement, une très vieille femme sort et me regarde droit dans les yeux…..La Sorcière !!!! Qu’elle est laide, plus moche encore que je ne l’imaginais. Elle est grosse, sale et ses vêtements noirs sont en loques. Son visage verdâtre répugnant est déformé par les grimaces, les pustules et les boutons...en plus elle sent mauvais ! J’ai envie de lui dire, mais je me retiens...En fait, je suis bien incapable de prononcer un mot :

    - ah ah ah ! Te voilà enfin !! Vocifère-t-elle d’une voix railleuse, je vais t’apprendre, moi, à raconter des horreurs sur moi...

    Et sans rien ajouter, elle se jette sur moi, m’attrape le cou et sert de toutes ses forces. Je suis morte de trouille !...

       A suivre....

     

    ·       *Voir histoire précédente

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  • Coucou tout le monde,

    Ravie de vous retrouver ! ça y est, je l'ai "traversée" la forêt de Douceline !!!

    Quelle histoire ! mais alors, quelle histoire !!! j'ai bien failli ne jamais revenir !! ...et de ce fait, ne jamais vous revoir....Je ne suis pas encore remise de mes émotions, alors, il va falloir attendre demain pour que je vous raconte tout dans le moindre détail !

    En attendant, j'ai une très jolie petite histoire "véridique" que j'aime beaucoup....racontable bien sûr à des enfants !!!

    C'est bientôt Halloween, mais c'est aussi bientôt la Toussaint, et il y a des personnes que j'aimais beaucoup et à qui je pense

     

    Le petit merle

    Piou - Piou

         Tous ceux qui ont connu ma mère seraient certainement d’accord avec moi pour dire qu’elle était extraordinaire. Très humaine et sûrement un peu naïve, elle aurait donné sa chemise comme on dit. Elle respectait et aimait tout le monde, s’effaçait pour sa famille et aurait donné sa vie pour ses petits-enfants.

    Cette tendresse infinie, elle la partageait aussi avec les animaux dont elle était constamment entourée. Je me souviens de Kaali et Maya qui ressemblaient plus à des gros nounours qu’à des Groenendael, et de Wiss, le berger allemand craintif que ma fille mordait à l’oreille dès que l’occasion se présentait. Aux chiens, s’ajoutaient les pigeons, les faisans et les poules élevés en plein centre de Nantes, dans le jardin. Caroline, l’une d’entre elles, avaient eu le privilège d’être « opérée » une dizaine de fois par mon père parce qu’elle était si goulue que son jabot trainait par terre.

            Il y a quelques jours, je triais de vieilles photos, et ce qui m’a paru évident en les regardant, c’est que ma mère était toujours accompagnée d’animaux, qu’elle les chouchoutait et semblait communiquer avec eux.

    Je me suis alors souvenu de cette histoire improbable avec Piou- Piou.

    Piou-Piou était un jeune merle que ma mère avait pris sous son aile (c’est le cas de le dire !). Elle l’avait trouvé à moitié mort à Piriac, sur le terrain où nous passions nos vacances d’été. Je ne sais plus s’il s’était simplement blessé par accident ou si c’est un chat qui avait voulu en faire son « quatre heures », mais il était bel et bien dans un piteux état.

    Après lui avoir prodigué les premiers soins pour réparer son aile, le faire boire et tenter de lui faire avaler un peu de nourriture, elle lui avait fabriqué un petit nid de fortune avec une boite en carton. Après une semaine d’attentions et une bonne dose de patience, elle l’emmenait à Nantes, dans la maison, pour terminer sa convalescence.

       Je souris encore en repensant à l’image de Piou-Piou volant à travers la pièce avant de se poser sur les meubles, l’épaule de ma mère, ou sur la table pour picorer quelques miettes de pain oubliées…

    -          - Tu vas le garder ? lui avaient demandé les enfants, en bas âge à l’époque

    -         -  Oh non ! dès qu’il sera guéri, je le ramènerai à Piriac. Il ne faut pas le dépayser !…

    Et c’est ce qu’elle fit. Une à deux semaines plus tard, Piou-Piou, complètement rétabli, commençait à s’ennuyer dans la maison. Il multipliait même les bêtises, ce qui avait pour effet de faire rire ma mère, pas matérialiste pour un sou.

    Elle se rendit à Piriac avec mon père pour permettre au jeune merle de retrouver son environnement, peut-être même sa famille.

    En sortant de la voiture, ma mère est allée à l’endroit où elle l’avait recueilli à moitié mort, a pris le merle dans ses mains et les a ouvertes vers le ciel pour le laisser s’envoler, non sans une pointe d’émotion. Ainsi lâché en pleine nature, il a attendu quelques secondes, a regardé sa bienfaitrice et a disparu par-dessus la haie.

    L’histoire aurait pu se terminer ainsi, mais c’est sans compter sur la reconnaissance des animaux. Aux vacances suivantes, alors que mes parents revenaient sur les lieux, et qu’ils s’installaient autour de la grande table toujours présente sous l’immense pommier,  Piou-Piou est revenu leur dire bonjour. Ils l’ont vu voler dans leur direction, s’arrêter quelques secondes sur la table, tout près de ma mère, et repartir.

    Cette scène s’est reproduite à chaque fois qu’ils revenaient sur leur lieu de vacances…Un jour ou l’autre, Piou-Piou les rejoignait, et il se passait toujours quelque chose de mystérieux, comme si un message passait, un contact invisible unissant l’oiseau à ma mère.

    Puis, un jour, Piou-Piou est arrivé avec une merlette…Il l’a présenté à mes parents…c’était un instant très joyeux, presque magique. Ils sont restés tous deux un bon moment, puis ensemble, ils ont pris leur envol…pour ne jamais revenir.

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