• Belle journée à tous sarcastic,

    Le froid commence à s'installer véritablement...dans certains coins de France, les enfants en profitent pour jouer dans la neige et faire de beaux bonshommes de neige.

    Dessin de Ewenn

    Drôles de bonshommes

    Drôles de bonshommes !

      

    Il a neigé toute la nuit de samedi à dimanche, alors forcément, dès les premières lueurs du jour, les enfants se sont précipités dehors pour faire des batailles de boules de neige.

    Le spectacle est féérique. Tout le village a revêtu un beau manteau blanc. Les rues, les arbres, les maisons, les voitures…tout semble s’être endormi sous cette épaisse couverture blanche. Quand on marche, les pieds s’enfoncent avec un léger bruissement dans ce moelleux tapis immaculé. On n’avait pas vu ce spectacle depuis des années.

    Ewenn est fou de joie, et c’est avec un réel plaisir qu’il envoie de grosses boules blanches en direction de ses parents et de ses copains qui lui rendent la pareille avec le même bonheur. La bataille dégénère et tous les enfants  s’amusent à faire les « petits fous » en sautant, courant et se roulant dans la neige tendre et froide. Quel bonheur !

    -         Et si on fabriquait un bonhomme de neige ? lance soudain Ewenn à la petite troupe. Aussitôt dit, aussitôt fait. Tout ce petit monde se lance dans la réalisation d’énormes boules pour les empiler au centre du quartier.

    Deux énormes bonhommes voient alors le jour…Ewenn va chercher deux bonnets de laine pour couvrir leurs tête, Quentin deux longues écharpes rayées pour enrouler autour de leurs cous et Clémentine des morceaux de bois mort pour leur servir de bras.

    -         Comme ils sont beaux, s’exclament-ils ! mais il manque les bouches et les yeux...Ewenn a l’idée d’ajouter des gros boutons colorés qu’il aligne pour leur donner de jolis sourires et un regard très doux.

    Satisfaits de leurs réalisations, les enfants dansent et chantent autour de leurs créations.

    Toute la journée, ils vont et viennent pour jouer dans la neige, admirer leurs deux nouveaux amis, et même leur parler, avant de se rendre chez Ewenn dont la maman a préparé un délicieux chocolat chaud pour réchauffer tous ces petits artistes. Derrière la fenêtre, ils observent une dernière fois  les deux bonhommes avec fierté avant d’ôter moufles, écharpes et manteaux et de dévorer leur goûter avec appétit.

    Enfin seuls, les deux bonhommes se regardent et s’étirent en tremblant...Il commence à faire très froid et la nuit ne va pas tarder à tomber.

    -         On gèle ici ! dit l’un

    -         Tu as raison, ils sont bien gentils ces gamins, mais ce n’est pas ce bonnet et cette écharpe qui vont nous empêcher de mourir de froid. Ils auraient pu nous emmener avec eux, bien au chaud. J’aurai bien bu un bol de chocolat moi aussi.

    -         Je t’explique, on ne peut pas mourir de froid, c’est tout le contraire. J’ai un copain qui a voulu se réchauffer près d’une cheminée...eh bien, il a fondu !!

    -         T’es sérieux là ? Alors,  nous sommes vraiment condamnés à rester là, tous nus, secoués par le vent et le froid.

    -         Ben oui !

    -         Mais, j’y pense, si le soleil revient, nous allons fondre !

    -         Eh oui !

    -         Ça ne te gênes pas de savoir que les enfants ont tout fait pour nous donner la vie et que nous allons devenir une flaque d’eau dès que le beau temps décidera de faire son apparition.

    -         Non, bien sûr ! mais que faire ?

    -         J’ai ma petite idée !

    -         Dis toujours pour voir.

    -         Si nous partions ?

    -         Partir, mais où ?

    -         Au Pôle Nord ! il parait qu’il fait toujours froid là-bas

    -         Mais, c’est très très loin le Pôle Nord !

    -         Alors, il ne faut pas perdre de temps

    Et voilà nos deux bonshommes de neige qui prennent leurs jambes à leur cou et s’échappent pour rejoindre l’étendue gelée du Pôle Nord. Ils arrivent bientôt dans un village de glace parmi les Esquimaux et les ours blancs qui écarquillent les yeux en voyant arriver, grimpés sur un nuage blanc, ces deux drôles de personnages en neige.

    Lorsque les enfants sont enfin sortis de chez Ewenn pour retourner chez eux, les deux bonshommes avaient disparu…Ils n’ont jamais compris ce qui s’était passé ! d’autant plus que la neige retombait à gros flocons.

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Belle journée à tous,

    Félicité vient de recevoir un magnifique cadeau pour poursuivre sa mission...elle se rend à présent dans la forêt de Brocéliande....waouh !!

    Demain : Noël au rendez-vous.

            

    Brocéliande

     

    Félicité - 11

     

     

          En parlant de Xavier justement !…A l’instant précis ou Félicité acceptait d’aider Poupy (elle ne s’est pas fait prier longtemps ! Partir à l’aventure, pensez-donc !), il montrait sa nouvelle lettre à son pote Pascal. Ils sortaient du cinéma où ils étaient allés voir le dernier film d’animation en vogue:

    -         Qu’en penses-tu ?

    -         C’était super !

    -         Non, je parle de la lettre idiot !

    -         J’en pense que ta tortue s’est fourrée dans un drôle de pétrin. Tu as tout intérêt à garder l’œil sur elle !

    -         C’est quand même génial ce qu’elle vit non ?

    -         Hum ! Si on veut ! Et pour en revenir à la voiture qu’elle te demande, tu ne vas tout de même pas lui envoyer hein ? Elle devient trop exigeante et avec sa tête de linotte, elle aura vite fait de l’égarer ou de la bousiller en moins de deux !

    -         Tu as raison. J’ai ma petite idée. Si j’ai bien compris, elle attend sa voiture près du calvaire dans le petit bled où elle s’est gavée de crêpes. Eh bien, elle ne va pas être déçue !

          Félicité venait justement d’arriver sur la place et resta figée en apercevant un immense paquet cadeau rose entouré d’un énorme ruban rose et d’une carte de visite contenant ces mots : « Pour Félicité ». Tous les habitants du village (heureusement, pas trop nombreux ) s’étaient attroupés près du paquet et aidèrent Félicité à le déballer. Il s’en suivit un énorme éclat de rire lorsqu’elle considéra son contenu : une ravissante deux chevaux rose décorée de grosses fleurs sur les portières :

    -         Ce n’est pas ce que vous vouliez ? S’esclaffa Loïg , une décapotable sportive. Je crois en effet qu’il vous faudra être bien sportive pour ouvrir les portes et les fenêtres, faire les manœuvres et la pousser quand elle refusera de monter les côtes !

    -         Et alors ! Elle est très jolie ! Je n’en attendais pas moins de Xavier, et il n’a même pas oublié de refaire ma valise, répondit Félicité en grimpant fièrement à l’intérieur.

     

     
       


    Désormais seule – et à bien y réfléchir, c’était la première fois depuis son arrivée fracassante sur l’île de Sézig – elle fit la route qui la séparait de la forêt de Brocéliande sans s’arrêter. Eblouie par la beauté du décor dans lequel elle venait d'aborder, elle sentit soudain quelques larmes monter au bord de ses yeux et une émotion encore inconnue l’envahir. En cette période de l’automne, les arbres avaient revêtu leurs plus belles parures, rivalisant de charme et de grâce en élevant bien haut leurs branches et en affichant résolument les jaunes et les ocres, les roux et les orangés, les rouges et les bruns de leurs feuillages qui se mêlent et se démêlent, se fondent et se confondent avec délice : « Comme j’envie les peintres à cette période de l’année » pensa  Félicité en stoppant son véhicule à l’entrée d’un petit village niché au cœur de la forêt.

           Comme pour apprécier pleinement le côté pittoresque du site et bien s’en imprégner, elle jeta un coup d’œil autour d’elle avant de déplier la carte IGN que Poupy lui avait confié quelques heures seulement auparavant. Elle la replia soigneusement et se dirigea vers l’un des sentiers balisés qu’il lui avait indiqués pour se diriger vers les profondeurs du bois. Si elle s’en tenait à ses explications, il ne lui serait pas bien difficile de ramener ce fameux trésor.

       Félicité longea l’allée bordée de chênes, de bouleaux et de hêtres et s’engagea sur un étroit passage à droite. Tout en parcourant tranquillement son chemin, elle humait l’air qui lui apportait les senteurs sauvages de l’humus, des champignons et de toute la flore environnante. Rien à voir avec ce qu’elle avait connu jusque là.

        La forêt semblait soudain s’épaissir. Les arbres devenant plus menaçants s’enchevêtraient, leurs racines sortaient à présent du sol et de hautes fougères brunes cachaient son champ de vision, ralentissant du même coup son allure. Un peu lasse, elle décida de s’arrêter pour la nuit. Elle remarqua une cavité à l’intérieur d’un gros chêne, et s’y installa et examina de sa cachette le spectacle qui l’entourait. Une légère brume entourait à présent la forêt, la drapant comme une écharpe vaporeuse. Elle vit alors apparaître d’étranges phénomènes, des ombres et des êtres immatériels volant autour des arbres, et crut même reconnaître des lutins qui se dissimulaient derrière un énorme cèpe pour mieux l’observer. Elle mit tout cela sur le compte de la fatigue et s’assoupit.

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Belle journée à tous,

    J'ai reçu une drôle de visite !!

    Il faut vraiment que j'en parle aujourd'hui

     J'ai oublié de préciser : Aucun enfant n'est responsable de cette  illustration médiocre ! Je n'ai toujours pas  la "bosse du dessin"

    Quickos

    Quickos, le lutin du père noël

    Vous n’allez pas me croire, mais je vais quand même vous raconter cette drôle d’aventure que je vis pratiquement chaque année, à peu près un mois avant Noël.

    Pas plus tard qu’hier, j’étais tranquillement en train de lire auprès de la cheminée quand soudain, quelqu’un est venu frapper à la porte d’entrée…je suis allée ouvrir, forcément. Tout d’abord je n’ai rien vu, mais j’ai entendu une petite voix qui m’appelait. J’ai regardé tout autour de moi et j’ai compris que la petite voix venait du sol…Il était là, pas plus haut qu’une poupée Barbie, vêtu de son drôle d’habit rouge et vert et de son bonnet à pompon, debout sous la neige.  

    -          - Tu me fais entrer ou tu me laisses geler dehors ? m’a-t-il demandé en riant

    -          - Oh ! excuse-moi, je ne m’attendais pas à te voir si tôt,  lui ai-je répondu en le regardant passer devant moi. Il s’est alors installé sur la toute petite chaise que je lui réserve chaque année lorsqu’il vient me voir à l’approche des fêtes de Noël.

    -          - Je suis venu plus tôt cette année, parce que nous avons un petit problème.

    -          - Ah bon ?

    -          - Oui, regarde !

    Quickos, c’est le nom de ce  lutin du Père Noël, chargé de la communication, sort alors de sa poche un long rouleau de papier kraft qu’il déroule sous mes yeux.

    -          - Je vois ! c’est la liste des jouets que les enfants ont envie de voir au pied de leur sapin le 25 décembre...et alors ? il n’y a pas de problème.

    -          - Regarde mieux ! Tu as vu....les enfants demandent des jeux de société, des figurines de star wars et de Buzz l’Eclair,  des peluches Minion, des poupées, des jeux de construction, des tablettes, des ordinateurs, des instruments de musique, des ....

    -          - Et alors ? ce sont des demandes bien normales non ? Tiens ! les « Charlottes aux fraises » sont de retour ? Et ...Oh ! les filles veulent encore des aspirateurs et des chariot de ménage ! ça ne va pas la tête !! je vois, il y a un problème...il faut leur dire d’arrêter....

    -          - Mais non ! me coupe-t-il, tu n’y es pas !  D’habitude,  il y a des enfants qui formulent des vœux beaucoup plus personnels, comme retrouver leur meilleur ami parti dans un autre pays, visiter l’usine des jouets en compagnie des lutins, faire un tour en traineau, voir de la neige à Noël, avoir un petit chien dans son soulier....et là rien ! Le Père Noël est très déçu...Il sait pourtant que dans le cœur des enfants, il y a des souhaits qu’ils n’osent pas formuler....mais il ne peut rien faire si les enfants ne demandent rien !

    -          - Et alors ?

    -          - Et alors, tu arrêtes de dire « et alors » sans arrêt....réfléchis un peu

    -          - Oui, et alors ? A quoi penses-tu ?

    -          - Eh bien creuse-toi un peu les méninges ! Demande-leur toi, quel est leur souhait le plus secret

    -          - Et alors ?

    -          - Et alors, avec l’aide du Père Noël tu pourrais peut-être réaliser leur souhait le plus cher dans une histoire !

    -          - C’est comme si c’était fait !!!

    -          - Je reste là jusqu’à ce que tu aies quelques réponses...ensuite je les transmettrai au Père-Noël qui te donnera un coup de pouce...

     

    Alors voilà : Quel est votre vœu le plus cher les enfants ?

    Dites-moi seulement votre âge, votre vœu, vos goûts, votre caractère ( pas les défauts, les qualités bien sûr !!), l’endroit où vous habitez (pour la neige, c’est plus facile en montagne qu’en Guadeloupe !!).....

     

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Belle journée à tous,

    Lundi, jour des histoires "insolites"

    J'ai promis hier, en commentaires, de raconter comment m'était venue l'inspiration de cette histoire de danseuse...j'ai "essayé" d'expliquer sa source dans ce texte!

    J'ai toujours trouvé "étrange" la manière dont vient "l'inspiration" pour une histoire...

    Inspiration

    Drôle d’inspiration

         Après avoir écrit de nombreuses histoires, il pourrait sembler tout à fait évident que j’y trouve un réel plaisir et que j’adore jouer avec les mots et les phrases...

    Euh !!! Eh bien, je dois bien l’avouer et faire une confidence : je trouve cet exercice extrêmement difficile... et l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous quand je le souhaite le plus !...

     Et pourtant !

     Mais, commençons par le début :

    Ce  qui est tout à fait exact, c’est le bonheur et la joie que j’éprouve à  raconter des histoires aux enfants, c’est presque inné en moi. C’est un moment « magique » que j’ai toujours privilégié en classe avec mes élèves, et avec les enfants en général...

    Le problème, c’est que je n’ai aucune mémoire...alors raconter des histoires existantes a toujours été pour moi très difficile. Il me faut : soit les apprendre par cœur et les restituer ...mais la magie s’échappe...Soit les lire sur un livre...et le côté « partage et échange » avec les enfants n’existe plus...

    Je  n’avais donc pas d’autre choix que de créer, imaginer, inventer mes propres histoires devant mon jeune public...et bien sûr...aussitôt racontées, aussitôt « oubliées » !!

    Un jour –c’était à la piscine, du temps où l’on avait le courage de faire 50 longueurs chaque semaine avec mes filles !!! -  Nono m’a demandé d’écrire « mes » histoires. Elle parlait, je crois, de celles que je lui avais racontées lorsqu’elle était jeune...ça, je ne le pouvais pas bien sûr, mais j’ai voulu relever le défi et je lui ai promis d’écrire ma première histoire durant la semaine.

    Oui, mais voilà...si j’ai toujours aimé raconter, écrire n’a jamais coulé de source pour moi. C’est très dur !!! C’est une gymnastique des méninges que j’ai souvent trouvée  un peu « rébarbative » au départ…

    Et puis, devant un jeune public, l’inspiration ne m’a jamais fait défaut. Les enfants ne sont pas trop exigeants ! L’intonation de la voix, la douceur et la musique des mots, la présence et les mimiques font la plupart du temps tout le charme d’un conte !!

    C’est autre chose lorsque l’on est devant l’ordi ! Qui n’a jamais connu l’angoisse de la feuille blanche ? Que vais-je raconter ? Personne n’est là pour me mettre sur la voie comme le font si bien nos chères têtes blondes.

      Donc, pour en revenir à cette histoire promise à ma fille, je n’avais aucune idée, et comme je « travaille » toujours dans l’urgence deux jours avant le terme de ma promesse, je n’avais pas aligné trois mots....

    C’est sans compter sur mon « ange gardien »!

    Je me réveille en pleine nuit...je viens de faire un drôle de rêve...le début d’une histoire. Je me lève et j’écris les grandes lignes de ce que « j’ai vu »...les mots, les phrases s’enchainent pour restituer l’histoire qui m’a été racontée dans un songe...ça à quelque chose de magique....

    C’était le début de ma première histoire « Noyal les Grenouilles », ce n’était pas génial, mais c’était un départ, et c’est là que j’ai commencé à prendre plaisir à faire « vivre » des personnages imaginaires. En écrivant (même si j’ai beaucoup de mal à construire mes phrases et exprimer mes impressions), je me projette littéralement dans cet autre « monde ».Parfois, j’ai même la sensation  que ce n’est pas « moi » qui écrit, que cette « inspiration » est extérieure à moi, mais ça, je ne sais pas l’expliquer. C’est étrange ce phénomène ! Il m’arrive de me poser cette question : « c’est moi qui ai écrit ça ! » par forcément parce que j’aime le résultat, mais parce que je me crois incapable d’imaginer ce scénario !

    Tout ça pour dire que certaines histoires m’apparaissent encore en rêve et que je me lève pour les écrire (sinon, je n’arrive pas à me rendormir !!) ...

    C’est le cas de la « danseuse étoile et du pompier » :

    C’était il y a quelques années, je devais aller faire une prestation «autour du conte de Noël » auprès d’un groupe d’enfants à la demande d’un proche. J’avais bien en rayon un petit stock d’histoires mais je voulais quelque chose de nouveau, voire d’original, et je n’étais guère inspirée…Et comme par hasard, la nuit « porte conseil » et cette histoire de danseuse m’est apparue en rêve…je l’ai trouvée sympa et me suis encore levée pour l’écrire (évidemment, les mots ne sont pas venus aussi facilement que les images !).

    Le lendemain,  je me suis précipitée sur le téléphone pour la raconter à Stéphane pour savoir ce qu’il en pensait, si elle était appropriée au jeune public que je ne connaissais pas…Il était très étonné parce qu’un événement similaire était arrivé à son épouse, passionné de danse. Elle avait dû abandonner à cause d’un problème à la cheville. Evidemment, le reste de l’histoire n’a rien de comparable…il n’est pas pompier !!

    Qui m’avait donc inspiré ce conte avec une danseuse ? Un univers qui ne m’était absolument pas familier et que j’ignorais totalement, pour n’avoir jamais fait un pas de danse de ma vie.

    ·        Dans ce récit, seul un nom a été modifié.

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    2 commentaires
  • Belle journée à tous,

    Quelle belle période que celle de Noël! Celle de la magie, des contes, mais aussi celle où l'on espère la réalisation de nos vœux les plus fous ! Celle, surtout des enfants, de leurs rêves et des étoiles dans leurs yeux.

    Illustration de Philippe

    Danseuse étoile

     

    La petite danseuse étoile et le pompier

         Quelle était jolie Marie avec ses grands yeux bleus en amande et ses longs cheveux blonds tirés en arrière, emprisonnés dans un diadème …Quelle grâce et quelle légèreté quand elle virevoltait sur la pointe des pieds dans son tutu blanc cousu de fils d’or et d’argent. On aurait dit une frêle libellule qui voletait au-dessus d’un lac.

       Toute petite déjà, elle rêvait d’être danseuse et ne manquait jamais un cours à l’école de danse où sa maman l’avait inscrite. Elle étonnait ses professeurs qui n’avaient aucun mal à lui enseigner les pas les plus compliqués et les plus difficiles à réaliser, et ils ne tardèrent pas à  lui demander de plus en plus de concentration et de discipline. Cette petite avait un don qu’il fallait exploiter au maximum.

       Marie ne reculait devant aucun effort et elle travaillait sans relâche. Toujours souriante, elle réalisait des prouesses sans jamais se plaindre, si bien que très vite, elle fit ses premiers pas sur scène à l’opéra de Paris comme « Petit rat ».

        Là encore, il lui fallut plusieurs années d’un travail acharné et continu, de souffrances physiques même. Elle devait toujours aller au-delà de ses capacités pour atteindre la perfection absolue.

        Mais rien ne l’arrêtait…Ce qui comptait pour elle et surtout pour ses professeurs, c’est qu’elle devienne une « danseuse étoile ». Ce qui finit bien sûr par arriver.

       On  la réclamait alors dans toutes les villes de France et de l’étranger et elle enchaînait les galas avec grâce sans jamais se lasser. Passionnée et apparemment infatigable, elle était capable de danser à Marseille un soir et de s’envoler pour l’île de la Réunion au petit matin…juste pour un spectacle... et le plaisir de danser.

        Toujours à la recherche d’une performance idéale, elle finit par ne plus penser qu’à la danse, sans tenir compte d’une petite douleur apparue un beau jour au niveau de sa cheville, une sensation bizarre qui l’accompagnait de plus en plus souvent lors de ses nombreux galas et qui parfois même la  réveillait en pleine nuit.

       Mais voilà ! Ce qui devait arriver arriva : un beau jour d’été, lors d’une représentation du « Lac des Cygnes » de Rudolf Noureev sur une grande scène parisienne, la petite ballerine, épuisée, s’effondra sur le sol avec une horrible fracture de la cheville. On entendit une énorme exclamation dans la salle tant la consternation était grande…Puis plus rien…le silence.

        Ce  jour-là… la petite danseuse étoile perdit son étoile…et tout autour d’elle sembla s’écrouler !!! Ses espoirs et ses rêves.  Ses larmes coulèrent lentement sur son visage et rien ne put les arrêter.

       Très pessimistes, les médecins ne comprirent pas vraiment son désarroi et lui conseillèrent de stopper net la danse, de choisir une autre carrière.

         Marie s’enferma dans sa tristesse et retourna dans sa famille avec ses parents et son jeune frère qui essayèrent en vain de la réconforter. Ils lui témoignèrent beaucoup d’affection et lui affirmèrent sans trop y croire eux-mêmes que sa douleur morale finirait par disparaître en même temps que sa douleur physique.

        Inconsolable, elle s’isola complètement pendant quelques temps et se dit que finalement rien ne pourrait plus jamais la rendre heureuse. Son sourire avait disparu, mais pas sa gentillesse…et elle chercha un nouvel emploi.

       Elle accepta un travail dans un grand magasin de jouets en se disant que dans ce milieu, elle pourrait au moins rencontrer des enfants à qui elle pourrait donner un peu de sa tendresse. Elle les aimait tellement !

        Les jours passèrent, les semaines et puis les mois. Le printemps fit place à l’été, et l’été à l’automne. Dehors, les arbres prirent de jolies couleurs rouges, oranges, ocres et marron et les feuilles tombèrent une à une en tournoyant sur le sol…Marie regardait le spectacle de sa fenêtre mais n’avait pas le cœur à s’attendrir sur tant de beauté ! Elle souffrait toujours de sa cheville et ne sortait jamais sans ses béquilles.

    Quelques temps plus tard, ces mêmes arbres se retrouvèrent complètement dénudés et le ciel gris annonçait un hiver précoce. La neige se mit à tomber et les arbres s’emmitouflèrent dans un épais manteau blanc…Noël approchait.

        Les bûcherons allèrent couper de jolis sapins pour décorer les maisons et les appartements. Ils s’enfoncèrent le plus loin possible dans la forêt à la quête du plus grand, du plus beau, du plus majestueux des arbres. Quand ils le virent, ils l’abattirent avec leur hache avec la plus grande des délicatesses et l’installèrent sur la grande place du village.

     Les habitants le découvrirent avec bonheur et s’empressèrent d’apporter de quoi le décorer. Les uns revenaient chargés de guirlandes multicolores, d’autres de boules scintillantes ou de bougies,  d’autres encore de friandises et de fruits qu’ils disposèrent sur les branches du grand sapin.

          Les parents de Marie lui demandèrent si elle voulait elle aussi participer à ce grand événement et elle accepta en dissimulant sa souffrance au fond de son cœur. Elle accrocha elle-même  une grande quantité de petits jouets entre les aiguilles de l’arbre de Noël.

      La veille du grand jour, tout le village se rassembla au pied du grand sapin pour chanter Noël, jouer, raconter des histoires, et passer un bon moment ensemble avant de réveillonner en famille. Les enfants firent une grande farandole autour de l’arbre et les grands les regardèrent s’amuser et rire avant l’arrivée du Père Noël.

        Un peu en retrait, Marie contemplait le spectacle tout en fixant l’étoile retenue à la cime du sapin. Ses yeux se remplirent de larmes et tous les habitants tournèrent vers elle leur attention. Ils comprirent son chagrin et d’un commun accord, pour lui changer les idées, ils lui demandèrent d’allumer les bougies placées sur l’extrémité des branches, avant de terminer la soirée sur une dernière chanson.

       Le spectacle était fabuleux et chacun resta un moment sans voix, émerveillé par tant d’éclat et de splendeur…

       Soudain, l’une des bougies se décrocha, tomba sur la branche du dessous qu’elle enflamma…le feu se propagea à une vitesse incroyable sans que personne ne put faire quoi que ce soit…On entendit des cris venant de toutes parts, des plaintes…et ce fut le branle-bas de combat. Tous les habitants se sauvèrent en attrapant la main des enfants qu’ils entraînèrent le plus rapidement possible dans la salle municipale ou un chocolat chaud et une brioche les attendaient.

        Seule au milieu de la place, Marie contemplait la scène en  observant au sommet de l’arbre l’étoile brillante qui scintillait de plus en plus sous l’effet des flammes, et elle resta immobile sans se soucier du danger qui déjà la menaçait.

       C’est alors qu’un pompier venu de nulle part fit son apparition avec son camion, et qu’il s’empressa d’éteindre les flammes avec sa lance.

    Il jeta un coup d’œil rapide en direction de Marie et il déploya sa grande échelle pour aller cueillir l’étoile. Il l’attrapa doucement et descendit les barreaux très lentement. Il s’approcha alors de la petite danseuse et lui déposa son présent au creux de la main.

        Marie sentit alors une immense chaleur l’envahir et elle dévisagea l’homme tout habillé de rouge qui venait de lui offrir ce cadeau. Elle  comprit aussitôt qu’il ne s’agissait pas seulement d’un pompier…il semblait très âgé et portait une immense barbe blanche. Ses yeux souriaient et elle lui rendit son sourire…. Puis, avant même qu’elle ait pu le remercier, il disparut comme il était venu.

        C’est à ce moment précis que tous les habitants se rendirent compte que Marie ne les avait pas suivis et qu’ils se dirigèrent vers les fenêtres de la salle municipale pour l’appeler.

    A leur grande surprise, ils virent le sapin à nouveau joliment décoré comme si rien ne s’était passé. Il semblait même plus beau qu’avant avec de longs fils d’or qui l'enveloppaient et des paillettes argentées qui brillaient de mille feux…A ses pieds, des centaines de cadeaux emballés dans de jolis papiers chamarrés et ornés de gros rubans rouges et bleus, attendaient les enfants…

    Mais le plus incroyable se produisit alors, les laissant muets d’admiration : La neige commençait à virevolter dans le ciel et avec elle, une gracieuse danseuse étoile, légère comme une plume évoluait en réalisant de magnifiques pirouettes sur le tapis blanc qui déjà recouvrait le sol.

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    2 commentaires