• Coucou les ti-loulous,

    ça y est, la cabane est "toute belle".

    On peut s'installer sur la grande banquette pour lire les histoires des Trollissons, celles qu'ils ont consignées dans ce premier gros livres de contes.

    Pour commencer, c'est le Trollisson "Mempapeur" qui raconte l'histoire de la sorcière de la Chapelle (sur Erdre).

    Une sorcière chez nous???

    Ah oui, c'est vrai, je crois que je vous l'avais déjà lu ce conte.

    Bonne journée et Bizatousssssssssssssssss

    Prenez bien soin de vous.

    La sorcière de la Chapelle

    La sorcière de la Chapelle

     

    • Salut ! je suis le Trollisson « Mempapeur » et je vais vous raconter l’histoire de mes ancêtres.

    « C’est une histoire terrrriiiible qui s’est déroulée il y a très très longtemps, dans un temps lointain où les châteaux étaient encore habités par des rois, des reines et des princesses magnifiques.

    Comme vous le savez, près de chaque château, les pigeons et oiseaux de passage trouvaient refuge dans un immense pigeonnier qui leur était réservé. Les pigeons-voyageurs qui y logeaient permettaient aux belles princesses d’envoyer des messages à leur prince charmant et aux princes charmants d’envoyer de longues lettres à leurs bien-aimées. Souvent, ils se donnaient rendez-vous dans une adorable petite chaumière située au fond du parc, à l’abri de tous les regards indiscrets....puis, les temps ont changé, les princes charmants ont cessé d’exister et ces maisonnettes ont été désertées. C’est à ce moment précis que se déroule l’histoire de mes ancêtres.

    La sorcière de la Chapelle

      Voyant cette bâtisse abandonnée, la sorcière de la Chapelle, jalouse de la beauté de la princesse Eva, décida de s’y installer pour mieux l’espionner. Elle l’observait lorsqu’elle se promenait sur les bords de l’Erdre, elle enrageait lorsqu’elle pagayait dans son canoé et devenait verte de colère lorsqu’elle montait à cheval. Qu’est-ce-qu’ elle était belle !! Beaucoup trop jolie à son goût ! Elle enviait sa beauté, sa grâce et la vie agréable qu’elle menait. Et puis, toujours aimable et souriante, elle s’attirait toutes les sympathies, ce qui ne manquait pas d’énerver la sorcière Malelunée ! Elle décida donc de fabriquer une potion magique pour la rendre laide ou pire encore une poudre magique pour la transformer en statue...

    La sorcière de la Chapelle

    C’est précisément dans cette période,  lors d’un hiver extrêmement rigoureux et glacial que la compagnie des Trollissons à laquelle appartenait mes arrières-arrières-arrières grands-parents eurent la bonne idée (ou plutôt la mauvaise idée) de squatter ce joli cabanon sur les bords de l’Erdre. La porte était ouverte, alors bien sûr, ils entrèrent sans se poser de question...Ils ont eu tort, parce que Malelunée, qui venait de sortir avec sa poudre magique dans l’espoir d’apercevoir la princesse Eva, les a vus entrer.

    • Tiens tiens tiens ! des trollissons ! dans MA maison !...eh bien, ils ne perdent rien pour attendre ces brigands!

    Une idée horrible lui a traversé l’esprit et elle est allée vite fait se cacher dans le tronc d’un énorme chêne non loin de là...Elle a attendu jusqu’au petit matin que les Trollissons sortent de la maisonnette avec leurs gros sacs sur le dos....elle a attendu, attendu...patiemment ! Elle savait qu’ils viendraient au pied de cet arbre pour regarder le soleil se lever et chanter pour fêter cette nouvelle journée...c’était leur habitude !

    La sorcière de la Chapelle

    Et c’est exactement ce qui se passa. Ils firent une grande ronde au pied du grand chêne et leurs voix s’élevèrent et se mêlèrent dans une étrange mélodie qui réveilla tous les oiseaux. Malelunée attendait avec tellement d’impatience ce moment qu’elle se précipita pour lancer sa poudre magique dans leur direction, les transformant instantanément en statues de bois. Mais, dans son élan, quelques fines particules de sa préparation se sont répandues autour d’elle, l’emprisonnant elle aussi dans le chêne...Oui, oui, c’est ça...elle ne peut plus sortir, mais elle est toujours là ! Et si jamais un passant s’attarde au pied du gros chêne, elle est encore capable de le transformer en statue de bois.

    La sorcière de la Chapelle

    Si je peux aujourd’hui vous conter cette histoire, c’est tout simplement grâce à mes arrières-arrières-arrières grands-parents qui étaient restés dans la cabane pour faire un peu de rangement. Ils ont été épargnés et ont assisté, impuissants à la scène. Ils  n’ont malheureusement rien pu faire pour délivrer leurs amis, mais ils se sont empressés de prévenir la princesse Eva afin qu’elle n’approche plus jamais de cet endroit maléfique, et que plus personne ne succombe au maléfice de cette horrible sorcière. Quand elle a su ce que lui préparait Malelunée, Eva est allée rejoindre son beau prince qui vivait loin de là, en Espagne.

    Les statues sont toujours là, au même endroit pour avertir les passants de la présence de la sorcière...Celle-ci attend désespérément dans le creux de son chêne qu’un Trollisson passe par là, le matin très tôt à l’heure où la rivière se couvre de reflets argentés.

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  • Coucou les ti-loulous,

    Les enfants n'ont pas terminé de ranger et de nettoyer leur "cabane"...Ils y mettent tout leur cœur!

    Peut-être n'avez-vous pas terminé de lire l'histoire d'hier (je sais qu'elle était assez longue)

    En attendant, je vais vous présenter la  découverte des loulous : la couverture d'un des deux gros livres de contes trouvés sous la latte de parquet.

    Dès demain, lorsque tout sera "tout beau tout propre" et que l'on pourra s'installer tranquillement sur la banquette de la cabane, je commencerai à vous raconter la première des histoires écrites par les Trollissons dans le premier recueil. Elle sera suivie de nombreuses autres (peut-être jusqu'à la fin de vos vacances !!!)

     

     

    Les belles histoires des Trollissons 

    Livre de contes

     

    A noter avant tout que les Trollissons ressemblent étrangement aux êtres humains...ils sont moitié polissons (il y en a de nombreux parmi nous!) et moitié trolls (il y en a aussi...j'en connais mais je ne citerai pas de noms (observez bien les mimiques de certaines personnes!!)

    Ils sont assez désordre...Il suffit de voir la cabane avant le rangement

    Ils sont froussards...je l'ai remarqué quand ils sont venus pour squatter la cabane

    Ils se nourrissent d'escargots ....beurk!

    Mais ils sont très sympas!!!

    Et écrivent de belles histoires!

     

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  • Coucou les ti-loulous,

    Le "confinement" c'est drôlement pratique pour faire un peu de rangement dans la maison, le jardin, la cabane des enfants....Justement, en parlant de la cabane des enfants, j'y suis retournée pour y mettre un peu d'ordre, et devinez ce que j'y ai "retrouvé" ? Eh bien, le gros livre des Trollissons!

    Vous vous souvenez?  J'avais commencé à vous raconter leurs histoires ...et je n'ai jamais terminé !!

    Alors comme vous êtes en vacances, je vais en profiter pour le terminer ce gros livre de contes....

    Mais pour commencer....Petit rappel. Qui sont les Trollissons?

    Les Trollissons - 1

    Les trollissons

    -         -Quel désordre là-dedans ! C’est un vrai raz-de-marée dans votre cabane! Ce n’est pas très gentil de leur part ! ils auraient quand même pu ranger !

    -         -Mais de qui parles-tu Mamy ?

    -         -Eh bien des Trollissons voyons....

    -         -Les quoi ?

    -         -Les trollissons ! vous savez, ces petits êtres étranges qui ont squatté votre cabane cet hiver …Je ne vous en ai jamais parlé ?

    -         -Noonnn…

    -         -Ah bon ? Alors installez-vous près de moi sur cette banquette. Je vais vous raconter comment je les ai rencontrés.

    Les enfants ouvrent de grands yeux ! Qui sont ces trollissons dont parle Mamy ? Vraiment, elle les a vus ? Ils s’assoient de chaque côté d’elle, sur le petit canapé d’osier recouvert de coussins pour écouter son histoire. Mamy semble bien sérieuse et les enfants savent que ce qu’elle dit, c’est la stricte vérité....elle sourit en apercevant les deux petites têtes tournées vers elle, et commence :

    -         -Je crois que c’était en plein mois de février, une nuit où la lune était si ronde et si grosse qu’elle illuminait la chambre même à travers les persiennes....je me suis réveillée parce que je n’arrivais pas à dormir…allez savoir pourquoi ?  et je me suis levée pour aller boire un grand verre d’eau.

    Tout doucement, je suis descendue sans faire de bruit pour ne pas réveiller les poissons qui dorment dans l’aquarium, et j’ai ouvert la porte de la cuisine. J’ai attendu un peu parce que, au fond de moi, j’espérais bien revoir Zozotte pattes de mouche... j’imaginais qu’elle était là en train de grignoter mes cracottes...Mais non ! Elle est bel et bien partie...je ne crois pas qu’elle reviendra ! C’est dommage, je l’aimais bien ! Je ne sais pas ce qu’elle est devenue !...

    Mais revenons à notre histoire ! J’ai donc pris mon grand verre d’eau tout en regardant machinalement par la fenêtre les nuages qui filaient à toute allure, un peu étonnée de voir que la lune éclairait le jardin comme en plein jour...et c’est là que je les ai vus !!! Les trollissons !

    -         -C’est quoi des trollissons Mamy ?

    -         -Mais je vous l’ai dit, ce sont des petits êtres très rigolos, moitié trolls, moitié polissons...je pense qu’ils avaient remarqué la lumière dans la maison parce qu’ils rampaient dans le jardin en direction de votre cabane pour passer inaperçus.

    -Ils sont entrés un par un...j’en ai compté au moins dix ! Ils étaient chargés de gros sacs qui semblaient très lourds… vous me connaissez, je n’avais qu’une envie : voir ce qu’ils contenaient ces gros sacs !

    Comme je suis très curieuse, je suis donc sortie discrètement dans le jardin et je me suis glissée à genoux, près de la fenêtre. J’ai regardé à l’intérieur de la pièce et je les ai surpris autour de votre petite table en train de manger des escargots vivants !

    -         -Beurk !!

    -         -Ensuite, ils ont tout poussé dans le fond de la cabane, et ils se sont allongés par terre et sur le canapé pour dormir...

    -         -Sur ce canapé là !

    -         -Oui, la preuve...vous voyez cette tâche-là ! eh bien, c’est de la bave d’escargot.

    -         -Beurk... Tu crois qu’ils vont revenir ?

    -         -Oh non, je ne pense pas...ils viennent squatter les cabanes des enfants seulement l’hiver lorsqu’il fait froid, mais pas au printemps...ils ont trop peur de vous rencontrer.

    -         -Ouf !! …Mais dis-donc…il y avait quoi dans les grands sacs ?

    -         -Je vois que tu as bien écouté. Eh bien, le soir-même, aucun des trollissons ne l’a ouvert ce sac, mais le lendemain, très tôt, avant que le soleil ne se lève, j’ai tiré un peu le rideau de la fenêtre pour les voir repartir sans être vue. J’ai attendu, attendu….la porte s’est enfin ouverte tout doucement, et comme la veille, ils ont rampé pour s’enfuir…En apercevant leurs sacs beaucoup plus légers, j’ai bien compris qu’ils avaient laissé quelque chose dans la cabane…Je suis allée vite fait pour jeter un œil à l’intérieur, mais en voyant tout ce bazar…j’ai fermé la porte et je suis retournée à la maison.

    -          -oh dis Mamy, tu veux bien nous aider à ranger le désordre qu’ils ont fait les trollissons ??? Peut-être que l’on va trouver ce qu’ils ont caché à l’intérieur !

         Et voilà ! C’est comme ça que pendant plus d’une bonne heure, les enfants ont aidé Mamy à ranger leur cabane...Oups ! Je veux dire plutôt que c’est Mamy qui leur a donné un bon coup de main...

    Ils ont commencé par tout sortir dehors, la petite table, la banquette en osier recouverte de coussins, le petit meuble rempli de vaisselle en plastique, l’étagère où l’on dispose plein de livres à la belle saison, le petit « coin marchande »...et tout le reste, en prenant soin de faire un grand tri parmi les objets abîmés ou cassés (et oui, les trollissons  ça casse tout !)

    Une fois vidée, la maison parait beaucoup plus grande...et plus jolie. Mamy ôte même rideaux des fenêtres pour les laver...ce qu’elle accomplit dans la foulée pendant que les enfants s’occupent de la vaisselle. Dans le jardin, la grande bassine remplie d’assiettes, de verres et de couverts déborde de mousse, ce qui amuse énormément Lounis et Alexandre qui en profitent pour faire une grande bataille de mousse en se poursuivant sur la pelouse et en riant aux éclats.

      C’est à ce moment que Noah et Gabriel, tout juste réveillés après une longue sieste, arrivent pour participer eux aussi au nettoyage, au rangement....et à la bataille de mousse. Ewenn ne tarde pas à se joindre à eux:

    -         -Je peux venir aussi ? j’ai envie de faire une petite pause. J ‘ai presque terminé mes devoirs ! Il ne me reste plus que ma leçon d’espagnol, je l’apprendrai avec maman à la maison.

    -         -Plus on est de fous, plus on rit ! plaisante Mamy...Allez ! au boulot, on remet tout en place.

    En  essayant de rentrer l’étagère, Lounis se prend les pieds dans une latte de bois du plancher. Il s’étale de tout son long au beau milieu de la cabane en poussant un grand cri...mamy lâche les rideaux qu’elle est en train d’étendre sur le fil à linge pour voir s’il ne s’est pas blessé. En fait, tout le monde se précipite à l’intérieur de la cabane :

    -         -Oh regardez ! s’exclame Lounis en se relevant...Il y a un grand trou sous le plancher ! C’est moi qui ai fait ça ?

    -         -Oh non ! je ne crois pas. La latte était mal fixée...ou plutôt...je pense que ce sont les trollissons qui l’ont détachée pour cacher le contenu de leurs grands sacs à l’intérieur du trou.

    -         -Mamy, mamy ! qu’est-ce qu’ il y a dans le trou ? C’est quoi le secret des trollissons ?

    Tous les regards se dirigent vers l’ouverture de la cachette...Ewenn attrape la lampe de poche accrochée derrière la porte et éclaire l’intérieur...

    -         -Waouh !!! mais c’est quoi ça ?

    Mamy plonge la main à l’intérieur de la cachette…et en ressort deux gros livres reliés de cuir rouge et bleu ornés de belles lettres d’argent…

    Ensemble, Ewenn, Lounis et Alexandre déchiffrent lentement :

    -         « Les belles histoires des Trollissons »

    Mamy ouvre l’un des livres et les enfants n’en croient pas leurs yeux : de merveilleuses illustrations ornent des textes écrits à la plume avec de l’encre rouge et or.

    -         -C’est beau ! mais c’est quoi cette écriture ?

    -         Ça s’appelle de la calligraphie, c’est une écriture très ancienne…et très belle, et je crois que je serai encore capable de vous lire ces histoires si vous le souhaitez les enfants…mais pas aujourd’hui. On n’a pas terminé notre rangement.

     

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  • Joyeuses Pâques

    à toutes et à tous

     

    Pour illustrer cette journée, voici un texte tirée du "Ninnin"

     

    Les cloches

    Les   Cloches

     

     Mimi raconte sa première aventure avec « les cloches » de Pâques ? Une nuit insolite, magique et même très amusante.

    Personne ne les connaît les cloches !!! Tout le monde pense qu’il s’agit des grosses cloches des églises qui se taisent trois jours avant Pâques et qui partent à Rome pour voir le Pape. On raconte même que lorsqu’elles reviennent, elles sont chargées de minuscules œufs et de chocolats délicieux qu’elles cachent partout où il y a de la verdure et des arbres, dans les parcs et dans les jardins, parfois même dans les plantes vertes des appartements…

    C’est n’importe quoi !

    En fait, ce n’est pas du tout cela, et Mimi le sait bien. Elle a tout vu !!!

        En se remémorant cette péripétie, elle sourit…

         C’était par une belle nuit de printemps, très très tôt le matin, et comme par hasard, elle était toute seule sur la pelouse du jardin parce que Nicolas l’avait « oubliée » la veille…

      Tonton Benji était encore là avec tante Ginou, Jérémy et Stanley, comme tous les ans à la même époque. En fait son oncle, sa tante et ses cousins venaient chaque fois qu’il y avait une fête…

        Ils étaient arrivés le matin avec deux grandes valises et tout un tas de cadeaux. Il y avait eu beaucoup de bruit, de brouhaha et de blablabla parce que tout le monde voulait raconter quelque chose à propos des mauvaises notes de Stanley à l’école, des matchs de rugby de Jérémy qui jouait depuis six mois seulement mais qui revenait toujours couvert de boue et de bleus, du travail des parents, de papy et mamy qui devaient arriver le lendemain et patati, et patata…

       La seule chose qui avait attiré l’attention de Mimi, et pour cause, c’est que l’affreux Jérémy s’était moqué de Nicolas toute la journée parce qu’il emportait son « ninnin » partout. Il l’avait même « traité » de bébé. Vexé, il l’avait laissée dans le jardin comme si de rien n’était…mais Mimi savait elle, que Nicolas était malheureux au fond de son lit sans son doudou…

    • Tant pis pour lui !! Bien fait !! Ça lui apprendra !! Ne cessait-elle de répéter toute seule dans la rosée qui recouvrait la pelouse, un petit peu en colère quand même !!! Et frigorifiée ! … C’est joli la rosée avec ses milliers de petites perles fines comme des larmes qui brillent dès que le soleil se lève…mais que c’est froid !!! Brr !

        N’empêche qu’en ouvrant les yeux ce matin-là, Mimi eut une énorme surprise. Elle était entourée d’une multitude de délicates fleurs multicolores, toute une gamme de bleues aux pétales arrondis, des jaunes avec le cœur rouge, des orange perchées sur de longues tiges vert émeraude et même des blanches tachetées de violet…et toutes possédaient une corolle en forme de petite cloche, comme les fleurs du muguet, mais en plus joli encore.

       Surprise, Mimi se demanda comment elles avaient pu pousser si vite sur la pelouse et s’épanouir ainsi en une seule nuit !

    Elle les observait du coin de l’œil, étonnée de les voir si nombreuses, si brillantes et si gracieuses, lorsque soudain, toutes se dressèrent sur leurs tiges fragiles, déployèrent leurs pétales et s’accordèrent pour former un chœur merveilleux. Accompagnées par le vent qui sifflotait une légère mélodie, elles chantaient en harmonie d’une voix claire et cristalline, un air d’une douceur infinie, et leur chant emplissait ses oreilles.

         Elle n’a jamais oublié les paroles de cette chanson, et c’est avec un immense plaisir qu’elle se mit à les fredonner au fond de sa « cachette » :

    « Dans le jardin nous sommes nées

    Dans  le jardin nous chanterons

    Dans le jardin nous danserons

    Dans le jardin nous sèmerons

    Dans le jardin nous cacherons

    Des friandises pour les petits »

       Pendant un long moment, Mimi se laissa bercer par le chant des clochettes. Une douce chaleur l’enveloppa et elle vit de ses propres yeux de doudou, un spectacle magnifique, magique.

    Les clochettes se détachèrent soudain de leurs tiges pour s’élever dans les airs, juste au-dessus de sa tête. Elles formèrent une immense ronde multicolore pour danser avec légèreté et souplesse un ballet qu’aucun chorégraphe n’aurait pu imaginer, même pas Kamel Ouali. Et, tandis qu’elles se trémoussaient avec grâce, une pluie de fines poussières dorées et argentées s’échappa de leurs cœurs comme un feu d’artifice pour se transformer en particules de plus en plus épaisses…et, mais oui, ces milliers de particules se rassemblèrent, se rapprochèrent et se lièrent pour devenir des œufs et d’innombrables petits sujets de sucre ou de chocolat.

         Au même moment, des dizaines de petits lapins arrivèrent des quatre coins du jardin encombrés de petits paniers d’osier et se précipitèrent sur les sucreries pour les envelopper de fins papiers dorés et de larges rubans de satin rouges et verts qu’ils sortirent de leurs mallettes.

         Encouragée par les clochettes qui dirigeaient les opérations, toute la ribambelle de petits lapins se mit à cacher soigneusement toutes ces friandises dans tous les recoins du jardin, dans la haie de lauriers roses, sur les branches du sapin bleu, derrière la grosse pierre plate où Nicolas a l’habitude de s’asseoir quand il est tout seul, dans le cabanon de bois, au creux du plus gros coquillage qui borde l’allée, et même dans le potager…

          Une fois le travail terminé, les délicates clochettes contemplèrent leur chef d’œuvre, et lorsque tout leur sembla parfait, elles s’évanouirent comme elles étaient venues.

    Encore sous le coup de l’émotion, comme dans un rêve, Mimi regarda autour d’elle…

    • Comme c’est étrange, se dit-elle, jamais je n’aurai imaginé qu’il s’agissait de frêles petites fleurs aidées de petits lapins qui camouflaient les gros œufs de sucre et de chocolat dans les arbres du jardin !! Et comme c’est amusant, elles ont choisi les mêmes cachettes que l’an dernier…Bah ! Nicolas ne doit plus s’en souvenir, lui !

         Quelques minutes plus tard, de grands cris de joie arrivèrent jusqu’aux oreilles de Mimi. Les enfants venaient de se réveiller et elle savait que dans quelques instants, après le petit déjeuner, ils sortiraient tous dans le jardin à la recherche des friandises.

        Nicolas et Stanley apparurent les premiers, en pyjama de pilou et en baskets (ils n’avaient pas le droit de sortir avec leurs chaussons, et ce jour-là, comme par hasard, ils n’avaient pas oublié la consigne).

       - Mimi ! S’exclama Nicolas en prenant son doudou dans sa main, qu’est-ce que tu fais là ?

    Mimi ne répondit pas, bien sûr, mais discrètement, elle guida ses pas jusqu’aux cachettes où se trouvaient les plus gros œufs et la petite poule de chocolat blanc et noir.

        C’est vrai qu’il est un peu gourmand, Nicolas, se dit soudain Mimi en se retournant dans son tiroir !!! Et elle se mit à sourire en repensant au jour ou il l’a accusée, elle, d’avoir mangé tous ses chocolats.

       En attendant, elle est toujours là dans ce tiroir sombre.

     

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  • Coucou les ti-loulous,

    Avez-vous remarqué que vous êtes en vacances ????

    Je sais, ça ne change rien, vous restez à la maison...Oui, mais demain, c'est Pâques et c'est le jour de la grande "chasse aux œufs".

    En attendant, voici une petite histoire qui vous fera sans doute comprendre pourquoi les "œufs poussent dans les jardins";

    Bizatoussssssssssssssss

    Rosynou

    Le petit lapin rose

          Vous ai-je déjà parlé de mes deux petits lapins ? Vous savez, ceux qui vivent tout au fond du jardin dans un grand clapier abrité par un sapin ? Oui ?

    Alors, je vous ai sûrement dit comme ils sont mignons avec leur jolie frimousse et leur pelage tout doux. Ce que vous ne savez pas en revanche, c’est que depuis les vacances dernières, maman lapine a eu de beaux bébés, neuf lapereaux adorables. Au début, je ne pouvais même pas les compter, ils restaient blottis dans leur petit nid douillet fait de poils et de paille. Je les voyais seulement bouger et crapahuter les uns sur les autres. 

        Quelquefois, un tout petit bout’chou plus futé que ses frères et sœurs sortait le bout de son museau, puis il se glissait jusqu’à sa mère pour essayer de téter. Mais, très vite, il était chassé et regagnait son nid en bondissant.

          Je regardais pendant des heures leur joyeux manège, jusqu’au jour où ils sont tous sortis de leur nid les uns après les autres….

          Oh ! Il y a trois, quatre, cinq petits lapins ! Non ! Il y en a un autre, et encore un ! Huit, neuf ?

    Neuf bébés ! Comme c’est mignon ! Et celui-là ? Mais…il semble différent des autres, avec une grosse touffe de poils toute douce…on dirait un lapin angora. Mais, ma parole, il est  rose  en plus ! Tiens, comme c’est bizarre !

    Hier, comme tous les jours, je suis allée au fond du jardin  pour admirer les petits lapereaux, je leur ai apporté deux grandes feuilles de chou, arrachées en passant dans le potager (je leur en donne souvent, ils adorent ça !), Et j’ai attendu, accroupie près du clapier, la tête entre les mains.

           Soudain, tandis qu’ils faisaient la ronde autour des feuilles pour grignoter, le petit lapin rose s’est arrêté et il m’a regardée…longtemps. Puis, il s’est adressé à moi : « coucou toi ! » Je me suis d’abord demandé si je ne rêvais pas, j’ai secoué la tête…Mais non, un lapin ne parle pas bien sûr, je rêve.

    Mais si ! Il a même ajouté : « J’en ai assez de tes feuilles de chou, je veux des fraises ! » Alors, j’ai répondu, un peu en colère :

       - « Depuis quand les lapins se mettent-ils à parler ? Et puis, des choux, c’est très bon pour les lapins. D’ailleurs, quand on est un lapin, on ne mange pas de fraises »

    -         « Ça m’est égal » a-t-il insisté «  moi, je veux des fraises. Les choux vont me faire devenir tout vert et je veux rester rose. Pour cela, il me faut des fraises. »

          N’importe quoi ! Un lapin qui parle et qui réclame des fraises par-dessus le marché. On aura tout vu ! Il est à peine sorti de son nid qu’il demande déjà des choses impossibles.

    -         « Mais, ce n’est pas la saison des fraises ! »

    -         « Ça ne fait rien, j’en veux quand même ! »

    -         « Tu ne préfèrerais pas des carottes ? c’est rouge des carottes. Tu conserverais ta jolie couleur, et les carottes, c’est bon pour les lapins !! En principe, les lapins aiment grignoter des carottes.

    -         « non ! les fraises, c’est meilleur ! »

    Vous auriez vu la tête de l’épicier, ce matin, lorsque je lui ai demandé des fraises pour mon petit lapin ! Il a d’abord ouvert de grands yeux, puis il a éclaté de rire. C’est vexant. Jamais, je n’aurai dû lui raconter mon histoire. Je pense qu’il ne m’a pas cru.

         En attendant, il m’a quand même vendu des fraises…il en avait congelé pour faire des tartes cet hiver.

         Une fois décongelées, je les ai apportées à Rosynou (c’est le nom que j’ai donné au petit lapin rose) qui les a toutes englouties d’un seul trait. Puis, il m’a regardé droit dans les yeux et il a simplement dit :

    -         « Merci »

    -         « pas de quoi ! ça me fait plaisir de…. » Sans me laisser le temps de terminer ma phrase, il a ajouté :

    -         « comme tu es sympa, je vais te confier mon secret »

    -         « un secret ? tu as un secret toi ? tu viens tout juste d’arriver sur terre et tu as déjà un secret ? »

    -         « je ne viens pas d’arriver sur terre…je suis venu ici parce que je savais que personne ne viendrait me chercher là…. c’est tout »

    De plus en plus étrange ce lapin !!!

    -         « Que veux-tu dire ? »

    -         « j’ai assez parlé pour aujourd’hui….je te raconterai la suite quand tu m’auras rapporté des cerises »

    -         « Ah non ! pas des cerises ! « 

    -         « si, des cerises ! »

    Du coup, je suis passée devant l’épicerie, mais je ne suis pas entrée. Je ne voulais pas que monsieur laponix se moque de moi encore une fois. J’ai pris ma voiture et je suis allée au supermarché. Là, dans le rayon « congélation » j’ai trouvé des cerises.

    Je me suis précipitée au fond du jardin, trop curieuse de connaître le secret de Rosynou.

    Il a tout avalé goulument. Il m’a regardé droit dans les yeux et a juste dit :

    -         « Merci »

    -         «  Pas de quoi, ça me fait …. » Sans me laisser le temps de terminer ma phrase, il a ajouté :

    -         « c’était très bon …demain, je mangerai bien des framboises »

    -         « D’accord, mais avant, tu dois me dévoiler ton secret. Tu as promis »

    Rosynou ne s’est pas fait prier très longtemps…il savait à présent que j’étais capable de lui fournir en toutes saisons les fruits qu’il me réclamait, c’est-à-dire des fraises, des cerises, des framboises, mais aussi des mûres, des groseilles et même des petites baies de Goji dont il raffolait. Il me révéla donc son grand secret.

    Vous voulez le connaître ? Vraiment ? Bon, d’accord, mais n’en parlez à personne, on ne vous croirait pas. Il a tourné un peu en rond dans sa « cage et il m’a fait attendre un bon bout de temps avant de se lancer dans un long discours :

    -         « Je suis un petit lapin de Pâques » me dit-il « Tu sais, celui qui aide les cloches à cacher de gros œufs en chocolat dans les jardins »

    -         « Mais pourquoi te cacher ? »

    -         « Parce que nous ne voulons pas que les enfants nous voient »  « Nous ? qui nous ? »

    -         « Nous sommes très nombreux…un dans chaque quartier de chaque ville. La plupart vivent dans les clochers des églises, d’autres dans les champs, et la plupart d’entre nous se réfugie avec les autres lapins dans des clapiers »

    -         « Et vous êtes tous roses ? »

    -         « Non, bien sûr ! Nous sommes multicolores. Les lapins verts mangent des choux, des courgettes, des salades ou des haricots, les jaunes se nourrissent de pommes, de poires et de bananes et les bleus raffolent de fleurs comme les bleuets, les ancolies et les crocus »

    -         «  Et vous sortez dans les jardins le jour de Pâques, c’est ça ! »

    -         « Non, ce n’est pas tout …Quelques jours avant, on se réunit dans l’un des jardins et chacun de nous confectionne avec sa fourrure de jolis rubans pour entourer les œufs…et le jour J, les cloches déposent les œufs dans les jardins et nous, on va les cacher après les avoir joliment décorés. Voilà »

    Il a juste ajouté qu’il ne fallait pas essayer de le voir ce jour-là, sinon, il n’accomplirait pas sa mission tout simplement.

    N’empêche que j’aurai bien aimé moi, voir les petits lapins multicolores tresser des rubans et cacher des chocolats et friandises dans le jardin. Pas vous ?

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