• Belle journée à tous yes ,

    ça y est, Félicité commence son aventure en voilier...Déjà quelques péripéties

    (le début de l'histoire : 6 et 13septembre)

    Et bien sûr, la suite mercredi prochain

    Et toujours : illustration de François

    Félicité - 3

    Tempête en mer

       - Wouaouh ! Génial ! S’écria Félicité en se laissant emporter par la brise, semi-allongée dans son embarcation et légèrement grisée par les embruns qui lui balayaient le visage. Elle goûtait chaque instant de cette liberté toute nouvelle. Elle n’y connaissait strictement rien à la pratique de la voile, mais, peu importe, elle s’en tirait bien malgré tout…

         Le vent gonflait les voiles dans un ronflement, la poussant rapidement le long des côtes atlantiques qu’elle découvrait avec bonheur. Elle appréciait la mer quelque peu agitée s’étendant à perte de vue et contemplait avec délice les falaises et les rochers offrant leurs remparts aux vagues menaçantes qui inlassablement, venaient s’y briser en grondant et en déversant des flots  d’écumes blanches et bouillonnantes.

        Ça et là, elle distinguait quelques villages et habitations éparses entourées de végétations, des ports encombrés de majestueux bateaux de pêche ou de plaisance, des plages de sable où elle imaginait des jeux et des rires d’enfants et  de nombreuses baies à l’abri des regards et du vent….


        Elle s’éloigna lentement et involontairement des côtes et ne vit bientôt plus que l’immensité de l’Océan et quelques mouettes qui volaient ça et là…elle ferma les yeux et se laissa bercer en essayant de retenir dans sa mémoire chaque contour du paysage qu’elle venait de longer, et c’est précisément vers l’une des criques qu’elle trouvait si charmantes que son voilier venait de faire face et qu’il se dirigeait à vive allure. Ignorant totalement les principes de bases de la navigation et ne sachant comment manœuvrer son bateau, Félicité ne put que se laisser guider.

    Félicité - 3

    Elle mit ses deux pattes devant ses yeux, craignant le pire …le bateau prit de plus en plus de vitesse et finit sa course sur un récif qu’il heurta violemment…Le choc fut néanmoins amorti par quelque chose de souple, elle n’aurait pas su dire quoi, mais cela tenait du miracle. Elle n’eut cependant pas le temps de se poser trop de questions, tout devint alors floue autour d'elle et elle sombra dans une semi-inconscience.

         Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle releva doucement ses paupières pour constater qu’elle était simplement assise sur un banc de sable…Tout autour d’elle, de gigantesques rochers s’avançaient lourdement dans la mer…prise de panique, elle se demandait bien comment elle allait faire pour sortir de cette impasse lorsqu’elle prit conscience qu’elle était littéralement affamée. Elle s’aventura sur la roche humide et vit qu’elle était glissante et recouverte de moules, berniques, d’huîtres, d’algues odorantes et de petites cavités d’où sortaient de minuscules crabes rouges. Elle choisit de déguster un éventail de laitues de mer vertes et brunes qui s’apparentaient le plus à sa nourriture préférée, la salade. C’était un peu trop salé à son goût, mais…faute de mieux !

        Après ce repas très sommaire, elle contempla l’horizon où le soleil était en train de disparaître en laissant de larges traînées rougeoyantes dans le ciel ainsi que des reflets d’or et d’argent sur la mer parsemée de moutons gris.

    C’est alors que le ronronnement d’un moteur se fit entendre et qu’un canot se dirigea vers elle :

         -   Qu’est ce que vous faites là ? lui demanda l’homme qui pilotait le bateau

    -         Mon voilier a échoué sur cette plage, et il me semble qu’il n’y ait pas d’issue, répondit tranquillement Félicité.

    -         Eh non ! Reprit l’homme qui vint à sa rencontre après avoir arrêté son moteur et stoppé son bateau sur la grève. Vous avez de la chance, je vous ai aperçue en me promenant sur la falaise. J’ai tout de suite compris que vous étiez en danger, alors je suis venu pour vous secourir.

    -         En danger ? Interrogea la tortue un peu déconcertée.

    -         Oui, vous n’avez pas remarqué que si la marée est encore basse, la mer remonte rapidement. Cette petite bande de sable sera bientôt complètement recouverte. En plus, un violent orage se prépare, Allez, montez vite dans le canot, je vais vous ramener sur la terre ferme et nous regarderons ensemble cette belle tempête d’un lieu plus sûr. 

       L’homme était vêtu d’un pull-over marin rayé bleu et blanc, d’une vareuse et d’un pantalon en grosse toile de coton bleu. Avec sa barbe et ses épais sourcils grisonnants, son crâne rasé sous un bonnet de laine rouge, il inspirait d’emblée la sympathie. C’est donc en toute confiance que Félicité le suivit.

       En chemin, Félicité lui fit part de son projet de visiter la Bretagne, et il se présenta (il s’appelait Sezig), lui répéta qu’elle avait eu beaucoup de chance et qu’elle se trouvait sur l’une des plus belles îles bretonnes. Lui-même était venu s’y installer il y a bien longtemps pour entretenir le phare qu’il estimait être le plus beau du territoire français, et ne retournait sur le continent qu’une fois par an pour revoir toute sa famille à l’occasion des fêtes de Noël.

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  • Belle journée à tous oops ,

    Une histoire véridique pour commencer la journée...Avec une grosse frayeur !!

    Demain la suite de Félicité

    Le tapis volant

    Le tapis volant

    Qu’est-ce-qu’on fait aujourd’hui  ??

     Qui ne s’est jamais posé cette question le dimanche matin après une grasse matinée bien méritée…. On peut décider alors de bien commencer la journée par un footing en pleine nature…mais qu’envisager par la suite ? Une journée en famille ?  Une promenade en forêt, à la campagne ou au bord d’une rivière ? Une expo ? Une journée à la plage quand le temps le permet?... Ou tout simplement une journée pantoufles-plateau télé-cocooning ?

    Si le choix  est immense, pour nous, c’était invariablement foot, foot et foot !!! Les terrains de football  qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il vente !!! Je suivais les matchs tous les dimanches avec les épouses des joueurs de l’équipe locale, et les enfants : les miens, ainsi que mes neveux et nièces (il faut dire que tous les hommes de la famille s’éclataient sur les terrains chaque dimanche…Oh ! cela n’avait rien de franchement désagréable…et puis, les gamins prenaient l’air avant de terminer la journée à la maison devant une montagne de crêpes que je préparai pour tout ce petit monde !

    Des souvenirs, on en garde d’excellents. Je ne parle bien sûr pas des matchs que les hommes répétaient en long et en large toute la soirée (c’est étrange d’ailleurs, ils me semblaient plus longs au retour ! Une simple action pouvait être racontée une quinzaine de fois avec toujours autant de fougue !)…Je parle plus précisément d’une certaine ambiance chaleureuse entre les familles, de nos papotages de femmes derrière la main courante entourant le stade, des jeux des enfants près ou loin de nous, et des encouragements que nous prodiguions à nos conjoints partis courir après ce maudit ballon rond.

    Toute à mes pensées, je me projette à Nantes, aux Basses Landes où les joueurs avaient l’habitude de s’affronter, et je revois une image très forte que  mes enfants et mes nièces m’ont rappelée cet été…Ce qui m’ étonne le plus, c’est que près de trente ans après cet épisode, chacun, pris séparément, m’en a parlé avec la même effervescence…tous, sans exception, semblaient aussi agités et troublés que le jour où ils étaient arrivés en courant, complètement affolés (limite terrifiés)  pour me raconter, dans la confusion la plus totale, l’objet de cette panique…Ils jouaient tranquillement au bout d’un terrain voisin sur un énorme tas de tapis de réception (pour du saut à la perche je pense), lorsque la bâche qui le recouvrait  s’est violemment retournée sur eux…A l’époque, ils relataient cet incident comme s’il provenait d’un « mauvais esprit » mais je n’y avais pas attaché une grande importance,  n’ ignorant pas l’imagination débordante de cette petite équipe !  J’étais simplement déconcertée de les sentir si désemparés …d’autant plus qu’ils insistaient sur le fait que cette bâche attachée solidement  n’aurait pas dû se retourner sans  le moindre souffle de vent…

    Tant d’années plus tard,  ces enfants devenus adultes me racontent encore  la même histoire dans les moindres détails …et surtout la même version des faits …avec parfois les mêmes phrases, le même trouble !!!

    L’une de mes nièces a des souvenirs extrêmement précis sur les moindres détails de cette journée qui les a tous choqués. Elle se rappelle du décor, des rosaces en papier bleu –blanc –rouge (des cocardes du 8 mai !),  de la rangée de hauts cyprès le long du cimetière voisin, et  évoque  leurs  différents jeux comme s’ils s’étaient déroulés la veille: «  Notre premier jeu consistait à fermer les yeux et faire deviner l’objet et la couleur de l’objet auquel on pensait,  comme par exemple un marteau rouge ou un ballon bleu. …A la nuit tombante, on a fait un pari : il fallait aller toucher la grille du cimetière sans se retourner…Moi, je flippais trop. Il n’y a que Nono qui a réussi ».

    Le tapis volant

    La suite,  ma fille et mes deux nièces me l’ont toutes trois rappelée  séparément, avec pratiquement les mêmes mots,  avec les mêmes précisions, la même clarté. J’étais carrément impressionnée. Trente ans se sont écoulés et pas un seul élément ne s’est échappé de leur mémoire. Pire, elles n’avaient même jamais évoqué cet épisode ensemble auparavant.  

    En réunissant tous les récits, reprenant les explications de chacune, cela donne ceci :

    -            On voulait faire appel aux esprits. On se tenait par la main, en cercle. Il fallait se concentrer et on a dit « chut, il faut le dire dans sa tête…Après vingt secondes de silence, la bâche s’est retournée avec une violence inouïe alors qu’il faisait chaud et qu’il n’y avait pas une once de vent…Soaz et moi, on l’a reçue de plein fouet sur le dos… tout le monde s’est mis à crier ».

    Les trois filles précisent :

    -          Pour faire céder les gros élastiques qui maintenaient cette lourde bâche, il fallait au moins l’équivalent d’une tempête de 100 kms/h…Elle était super lourde et impossible à soulever pour des gamins comme nous. On a vraiment eu une trouille bleue….ça nous a calmé. On n’a jamais réessayé de « faire du spiritisme » !

     

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    4 commentaires
  • Belle journée à tous wink2,

    Voici Zozotte !!!!....Enfin, c'est ainsi que la voient Alexandre et Mélissa...

    Et vous ? vous la voyez comment ????

    SCOOP de dernière minute : Mélissa vient de m'annoncer que "Zozotte a un bébé dans son ventre !!!" ....Affaire à suivre...de près !

    Zozotte dessins

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  • Belle journée à tous  sarcastic,

    Deuxième partie de Noyal le Moulin.

    Que devient notre gentil meunier et sa famille? ...Les ailes du moulin vont-elles se remettre à tourner ??

    Noyal le Moulin (fin)

    Noyal le Moulin - Suite et fin

    Les gens qui se déplaçaient des contrées avoisinantes pour acheter les savoureuses baguettes, flutes, boules et viennoiseries de Noyal restèrent chez eux…le village se renferma sur lui-même et devint triste, terriblement triste.

    On n’entendit plus le rire des enfants dans les cours et dans les champs. Les hommes et les femmes de Noyal ne sortirent plus sur le pas de leur porte pour discuter. Les fermiers continuaient leur labeur mais sans gaité de cœur, et dans la petite épicerie, on ne s’attardait plus comme avant pour prendre des nouvelles des uns et des autres.

         Chez nos amis les bêtes, c’était pareil. Les grenouilles se cachèrent sous les nénuphars, les canards se blottirent derrière les roseaux et les lapins se réfugièrent dans leurs terriers. Les cochons, les poules et les dindons s’isolèrent dans leurs coins, les paons refusèrent de faire la roue, les chiens et les chats arrêtèrent même de se poursuivre.

    Dans leurs nids, les oiseaux se dissimulèrent dans leur plumage, et dans la forêt, les bûcherons ne rencontrèrent plus aucune biche.

       Le village s’enveloppa dans le voile gris de la désolation et cessa de vivre… »

        A ce passage de l’histoire, ma grand-mère levait lentement la tête en direction de la colline et fixait le moulin. Elle dégageait le rossignol de sa main et le portait à ses lèvres pour laisser échapper une petite mélodie sensée imiter les roulades et trilles harmonieuses du passereau.

    -         « Eh oui, le rôle de ce petit rossignol est déterminant pour la suite de l’histoire » assurait-elle avant de poursuivre son récit.

     « Derrière le moulin, dans un minuscule bosquet laissé en friche par le meunier, vivait une famille de rossignols.

    Perché sur un frêle rameau d’aubépine, le plus jeune de la nichée scrutait jour et nuit les ailes du moulin qui,  bien sûr, demeuraient immobiles !

    Il attendit longtemps, longtemps….puis une nuit, il vit la lune toute ronde, immense, englober l’édifice en l’éclairant d’une lumière douce et vaporeuse. Cet étonnant spectacle avait quelque chose de majestueux par sa beauté, mais aussi de désolant par son immobilité. Il émut tellement le rossignol qu’il se mit à chanter à tue-tête un air chargé de mélancolie.

       Etonnés par cette complainte, tous les oiseaux des environs se dirigèrent vers le bosquet.

    -         Il faut sauver le moulin, déclara le rossignol lorsqu’ils se posèrent près de lui. C’est tous ensemble que nous y parviendrons ajouta-t-il avec entrain. Il leur expliqua son plan et tous s’envolèrent en tournoyant dans le ciel à la recherche des moineaux, hirondelles, colombes, pigeons, mésanges, martinets, et même mouettes et goélands… bref, tous les volatiles susceptibles de les aider…ils parcoururent ainsi des kilomètres et des kilomètres dans les airs.

    Une heure plus tard, des milliers d’oiseaux se réunirent au-dessus du bosquet. Tout doucement, ils prirent place sur les immenses ailes du moulin, et d’un même élan volèrent de toutes leurs forces pour les actionner.

         Avec un léger grincement, les ailes se mirent à tourner très lentement le temps de dérouiller un peu le mécanisme. Puis, de plus en plus vite sous l’impulsion et la volonté des oiseaux. Le Moulin se remit ainsi au travail et repris très vite ses vieilles habitudes pour moudre les grains…Le chant mélodieux des oiseaux accompagnant les ailes du moulin attira les chats et les chiens. Ceux-ci  appelèrent les lapins, les vaches et les moutons qui détalèrent vers la forêt pour avertir les biches, les faons et les sangliers. Les animaux de la ferme et de la forêt rappliquèrent tous et se mirent à chanter, miauler, japper, braire, cancaner, beugler, bramer ou bourdonner.

    En entendant ce vacarme, le meunier se réveilla et sortit, suivi de sa femme et de ses six enfants.

    Fous de joies, ils allèrent réveiller les habitants du village qui se précipitèrent pour voir le spectacle.

    Il y eu ensuite une grande fête improvisée, des rondes, des chants, des jeux ou chacun prit part. Quel bonheur !

    Les oiseaux se relayèrent ensuite jour et nuit pour faire tourner les ailes du moulin… jusqu’à ce que le vent daigne enfin revenir sur Noyal.

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    Belle journée à tous sarcastic,

    Demain et dimanche...journées du Patrimoine. Voici donc l'histoire d'un moulin situé dans la ville de Noyal.....Personne ne la connait (et pour cause, je suis la seule à la connaitre !) ...alors je me suis dit qu'il était peut-être temps de vous en faire part...

    Demain la suite

    Noyal le Moulin

    Noyal-le-moulin

              Chaque année, dès que l’on évoque les journées du Patrimoine, je pense invariablement à Noyal-Le-Moulin, un petit village breton qui a bercé toute mon enfance. Il tient son nom d’une étonnante et fabuleuse histoire qui a fait le tour du pays il y a de cela bien des siècles.

              Lorsque j’étais enfant, je passais toutes mes vacances d’été dans ce joli village, chez mes grands parents paternels qui habitaient dans la rue principale du bourg. Leur maison recouverte de lierre grimpant était mitoyenne avec la seule épicerie du coin ou j’aimais m’attarder. J’avais tant de plaisir à y respirer cette odeur un peu surannée, mélange de mille parfums différents qui imprégnaient les murs au fil des ans. Là, s’entassaient parmi la nourriture et les boites de conserves, des tas de produits hétéroclites comme des bocaux et des caoutchoucs pour faire les confitures, des bonbonnières transparentes emplies de friandises et de sucreries multicolores, des blouses et chemises pour les personnes âgées, de l’encaustique et autres produits ménagers, mais aussi, et surtout, des tas de jouets anciens. J’en ressortais toujours avec le même petit rossignol rouge, jaune ou bleu que l’on devait remplir d’eau pour laisser échapper une espèce de gazouillis en soufflant dedans.

          En entendant le « chant du rossignol », ma grand-mère souriait

    et profitait toujours d’une délicieuse soirée de pleine lune pour rassembler tous les enfants du village sous la tonnelle du jardin. Elle prenait alors le rossignol dans le creux de sa main et commençait à raconter ….l’histoire du moulin de Noyal !!

    Ce moulin, c’est celui que l’on aperçoit là-haut, sur la petite colline, au milieu du grand champ de boutons d’or. Il surplombe le village et semble veiller sur lui tant il est imposant avec sa solide carcasse de pierres et ses ailes de bois immenses.

    Assis en face d’elle, nous l’écoutions, goutant chacun de ses mots en écarquillant les yeux :

            « Il y a de cela très très très longtemps, vivaient dans notre village, un meunier, sa femme et leurs six enfants. 

    Pour nourrir tout son petit monde, le brave homme avait décidé de construire lui-même son moulin, mais pas n’importe quel moulin ! Un moulin qui soit le plus beau et le plus performant de la région, le plus grand avec des ailes qui toucheraient le ciel. Un moulin où tous les agriculteurs du coin auraient plaisir à apporter leur blé et où tous les boulangers seraient fiers de se procurer une farine d’une finesse inégalable !

    C’est ce qu’il fit….Pendant des années, le soir après un dur labeur dans les champs, il empilait des pierres jusqu’à la tombée du jour. Lorsqu’il rentrait chez lui, il passait le restant de sa nuit à esquisser les plans d’un mécanisme très sophistiqué qu’il fabriqua lui-même. Il travailla sans relâche, portant lui-même de lourdes poutres de chêne, bâtissant, clouant, fixant, forgeant, élaborant et ajustant avec minutie les différents éléments entre eux. Il termina son œuvre en adaptant de splendides ailes de bois et de toile épaisse qui se mirent aussitôt à tourner gaiement.                               

         Le sixième enfant venait juste de naître lorsque le moulin reçut les premiers gros sacs de blé qu’il transforma rapidement en farine. Majestueux, il faisait l’admiration de tout le village avec sa haute tour circulaire, sa toiture conique tournante, et la force tranquille de ses longues ailes qui offraient inlassablement le plus grandiose des ballets aériens.

    De plus, le meunier invitait volontiers tous ceux qui le souhaitaient à venir passer un moment autour de la table familiale et découvrir ainsi le remarquable escalier de chêne qui trônait au centre de la grande salle.

    -          Qu’il est beau ton moulin !  s’exclamait le berger qui gardait ses moutons à proximité. Et quel plaisir de sentir le vent jouer dans ses ailes géantes.

    -         Ton moulin a quelque chose de magique, ajoutait le bucheron en sortant de la forêt chargé de fagots. Sa mélodie me donne du courage, et grâce à elle, pas besoin de boussole.

    -         Et quelle farine douce et fine il fournit! enchaînait le boulanger. Mon pain n’a jamais été aussi tendre et savoureux.

    -         Jamais notre blé n’avait été si bien traité, continuait le fermier. Ton moulin…..

         Et ton moulin par-ci, et ton moulin par là. Chacun y allant de sa  petite phrase pour vanter ses mérites…. Grâce à lui et au bon pain que l’on dégustait à chaque repas, c’était vraiment le bonheur à Noyal…On y vivait  heureux ….et pas seulement les habitants !!!

    Oh que non ! Les animaux aussi se réjouissaient ! Les petites souris se prélassaient dans la farine qui s’écoulait des sacs dans le grenier et le fournil de la boulangerie, les lapins n’avaient jamais grignoté de si bons quignons de pain, les oiseaux se jetaient littéralement sur les miettes autour des maisons, et même, dans la mare, les grenouilles se régalaient lorsqu’un enfant venait lancer les restes de son pain aux canards !

    Les habitants et tous les êtres qui vivaient à Noyal remerciaient chaque matin le ciel de leur avoir apporté ce moulin dont ils admiraient les ailes déployées et leur gracieuse ronde ininterrompue.

        Mais voilà qu’un matin, le vent oublia le moulin et décida de ne pas se lever. Jouer avec les nuages ne l’intéressait plus tant que ça. Il préféra s’allonger sur un épais manteau de neige très haut dans le ciel. Il s’y trouvait si bien qu’il y demeura un jour, deux jours, trois jours…toute une semaine !

      Un calme et un silence pesants régnèrent sur Noyal. Ce fut la consternation générale parmi les habitants qui ne voyaient plus les ailes du moulin tourner. Cela signifiait bien sûr que si le moulin ne faisait plus son travail, le pauvre meunier qui continuait à engranger les sacs de blé ne pouvait plus les transformer en farine. De ce fait, le boulanger dut fermer sa boutique. L’odeur du pain chaud sortant du four disparut aussi du village.

     Il n’y avait plus une miette de pain à Noyal !

     

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