• Félicité - 4

    Belle journée à tous yes ,

    En compagnie d'un gardien de phare qui vient de la repérer sur la plage à côté de son voilier, Félicité se laisse guider...que de découvertes en perspective!!!

    (le début de l'histoire : 6 et 13 et 20 septembre)

    La suite mercredi prochain

    Et bien sûr encore de magnifiques dessins de François

     

        La soirée était déjà bien avancée lorsque Félicité put enfin se reposer et se restaurer à l’intérieur du phare devant une énorme salade verte et un jus de fraise qu’elle sirota tranquillement avec une paille.

    Elle n’avait pas caché sa surprise en apercevant, perchée au-dessus de la falaise, cette haute tour de granit s’élever vers le ciel chargé de lourds nuages gris et noirs. Le gardien l’avait un peu réconfortée en lui assurant qu’elle ne craignait plus rien à présent, et que l’édifice, souvent confronté à des tempêtes spectaculaires, pouvait résister à des vents pouvant dépasser les  quatre cents kilomètres par heure.

    - Quand vous aurez terminé, je vous emmènerai sur le balcon pour assister à un spectacle extraordinaire dont vous vous souviendrez longtemps.

    -         Mais il fait nuit à présent !

    -         Attendez d’être là-haut.  

    Félicité suivit Sezig qui disparut rapidement dans la spirale de marches qui n’en finissait pas. Au bout d’une demi-heure, elle n’était qu’à la moitié de son parcours et commençait à s’essouffler sérieusement lorsqu’elle entendit crier au-dessus de sa tête :

    -         Allez, du courage ! …Plus qu’une centaine de marches !!

    -         Pff, pff, pff

    -         Encore un petit effort !!

    -         Pff, pff, pff…

    A bout de souffle, Félicité se glissa sur la petite plate-forme ou Sézig avait déjà pris place devant une baie vitrée.

    -         Ce soir, nous n’allons pas sortir sur la corniche, ce serait trop dangereux. Approchez-vous! Lui dit-il en la laissant passer devant lui.

    -         J’ai…un …pff, pff, …peu…pff, pff…peur…pff avoua Félicité qui, fatiguée après ces énormes efforts pour gravir les étages, frissonnait en entendant le mélange assourdissant des grondements du tonnerre, des puissantes vagues, de la pluie et du vent qui hurlait à l’extérieur.

    -         Ne vous inquiétez pas et regardez, c’est absolument grandiose !

        Félicité s’approcha de la vitre et ce qu’elle vit la fascina tout en lui donnant la chair de poule (si on peut parler ainsi pour une tortue !). De monstrueux éclairs zébraient le ciel, s’associant avec la puissante lumière du phare pour éclairer l’horizon en entier comme d’énormes projecteurs. Quelques secondes seulement pour découvrir une mer en furie secouée par une succession de vagues qui venaient se rompre violemment sur la falaise, déversant des montagnes d’écumes sur le phare avant de se désagréger en une fine poussière blanche.

    Elle fixa longuement son attention sur le mouvement incessant des éléments déchaînés, les yeux écarquillés et le cœur un peu chaviré par cette agitation démesurée. C’était beau et violent à la fois.

    Chaque jet de lumière dévoilant un ciel couvert de nuages compacts et  menaçants lui donnait une véritable sensation de malaise bien difficile à définir et à contenir.

    De plus, complètement étourdie par le rugissement des lames déferlant sur la roche, elle finit par se laisser envahir par une sorte de torpeur, et glissa doucement dans un sommeil profond. Avant de redescendre, Sézig la regarda longuement en souriant, puis il la recouvrit d’un plaid de laine à carreaux.

        Cette nuit-là, Félicité rêva de Xavier. Il s’inquiétait pour elle et attendait de ses nouvelles. Elle se promit d’écrire dès le lendemain pour lui raconter cette aventure.

         Quand elle se réveilla, le calme était revenu et déjà, le soleil emplissait la pièce étroite. Elle se mit debout et se dirigea vers Sezig qui l’attendait, debout sur le balcon. Elle risqua un œil en direction du paysage qui l’avait tant fait frémir la veille, et découvrit un panorama extraordinaire sur toute l’île et le continent qui lui faisait face au loin. Bien qu’elle fût sujette au vertige, elle resta longtemps éblouie par la beauté du paysage qui s’offrait à elle en se demandant comment il avait pu se transformer autant, l’espace d’une seule nuit. La fureur des éléments avait fait place à quelques ondulations à la surface de l’eau et des nuances variées de bleus, de l’indigo au turquoise, coloraient l’immensité du ciel et de la mer.

    -         Où comptez-vous aller à présent ? Lui demanda Sezig.

    -         J’aimerais bien faire le tour de l’île avant de repartir sur le continent, répondit-elle en observant le relief découpé de cette côte sauvage, les gros blocs de roches, les pointes, les anses, les plages de sable fin, les hameaux, le port qui s’avançait sur l’océan, les vestiges d’un château ancien, et à l’intérieur des terres, les chemins sinueux bordés de bruyère, de genêts et de fougères.

    -         Je peux même vous accompagner si vous le désirez. Allez hop ! Je vais atteler la carriole…je vous attends en bas.

     
       
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