• Départ

    Bonjour tout le monde,

    Voici une ultime histoire de Zozotte....Elle est apparue plusieurs fois dans ce blog :

    vendredi 26 mai - dimanche 2 juillet - mercredi 5 juillet - jeudi 6 juillet et dimanche 17 septembre

    Bonne journée et à demain pour un nouveau programme.

    Départ

    Zozotte - 5-

     

    -         Mais qu’est-ce-que c’est que tout ce raffut ?

    Réveillée en sursaut, j’émerge péniblement, cherche l’interrupteur pour allumer la lampe de chevet et jette un coup d’œil inquiet sur le réveil : 4h 26…Personne n’est levé à cette heure ! Alors qui fait ce vacarme ? Ça vient de la cuisine, semble-t-il.

    Encore toute ensommeillée, à moitié engourdie, les paupières lourdes, j’enfile un pull et je descends doucement les escaliers…En fait, je ne suis pas si rassurée que ça. J’ai entendu dire qu’il y avait des cambriolages dans le quartier ces jours-ci ! 

    A peine ai-je posé les pieds sur le sol froid du salon que mon cœur se met à battre la chamade...il faut bien l’avouer, je suis morte de trouille.

    J’attrape une bûche près de la cheminée, on ne sait jamais, et avance sans bruit jusqu’à la cuisine...le bruit s’est un peu estompé, j’ouvre la porte, allume en tremblant un peu, et....

    Rien ! Il n’y a rien dans la cuisine...Je m’apprête à  retourner me coucher lorsque je constate que ma porte de placard est restée ouverte. Je la pousse avec le pied et j’entends un petit cri strident qui vient de mon paquet de cracottes :

    -      -  Aie, ça ne va pas !

    -      -    Oh, non ! Zozotte ! c’est toi qui fais tout ce boucan ! Je gronde, mais je suis quand même soulagée...ce n’est pas un inconnu qui s’est introduit dans la maison !! Je pose ma buche sur le sol et je la vois glisser des biscuits dans une espèce de baluchon en tissu imprimé :

    -        -  Je ne fais pas de bruit, je prends juste quelques provisions.

    Je perçois dans sa voix comme un reproche, une certaine tristesse, mais je me trompe peut-être.

    -        -  Des provisions, mais pourquoi ?

    -        -  Je pars.

    -        -  Tu pars où ?

    -       -   Je m’en vais...je ne reviendrai plus ! me lance-t-elle brutalement.

    Je  reste « baba »...qu’est-ce qu’il lui prend à ma petite boule de poils gris et blancs ? Jela regarde et ses petits yeux en amande d’ordinaire bleu marine deviennent carrément noirs. Je commence à comprendre.

    -        -  Tu n’es pas contente après moi, c’est ça ! je n’ai pas fait attention à toi ces derniers jours et tu es en colère contre moi.  Comme si de rien n’était, elle continue à trifouiller dans mon placard, ouvrant les boites, enfournant dans son sac de fortune des pâtes, des gâteaux secs, du riz et du quinoa. Puisqu’elle ne daigne pas me répondre, je continue

    -        -  Si tu comptes nourrir toute ta famille cet hiver, Tu n’es pas obligée de te charger autant…Reviens quand tu veux ;

    -        -  Non, je ne reviendrai plus !

    -        -  Je sais, tu viens de me le dire…Mais pourquoi ?

    -        -  Je n’ai plus rien à faire ici…Je m’ennuie un peu, et puis, tu m’avais promis de faire mon portrait et tu as oublié ! Ne vas pas croire que je suis  jalouse de Félicité ou de tes affreuses sorcières, tu me l’as dit l’autre jour, elles ne m’arrivent pas à la cheville. Elles sont imaginaires, c’est bien ça ?

    -        -  Exactement, je sais ce que tu penses, mais je suis là aujourd’hui

    -       -   Et mon dessin ?

     

    Départ

    Je lui présente un dessin que j’ai essayé de faire il y a quelques jours, mais bien sûr, ça n’a rien à voir avec Zozotte…je sais qu’il est moche mon dessin ! Je ne sais pas dessiner, ce n’est tout de même pas ma faute.

    Elle se contente de hausser les épaules et saute sur le carrelage de la cuisine avec son petit baluchon sur le dos…Une vague de tristesse m’envahit subitement…je réfléchis à toute vitesse…Si elle part, elle va terriblement me manquer. Je m’y étais habituée à son mauvais caractère ! et elle est tellement rigolote !

    -        -  Tiens, regarde, je t’ai prise en photo avec mon portable. Elle examine le cliché

    -        -  On ne voit que mes oreilles

       -  Oui, mais je sais que c’est toi, et puis, tu étais cachée derrière les boites de biscottes…Je n’ose pas lui montrer la deuxième image qui laisse juste entrevoir son postérieur…

    Départ

    Elle attrape quand même les deux photos que j’ai dans les mains, les range dans son baluchon sans plus m’adresser la parole et s’enfuit sans se retourner. Quand elle est triste, elle est plutôt fuyante, mais je sais bien qu’elle aurait aimé que je laisse glisser mes doigts sur ses poils tout doux.

    Je reste plantée là, les bras ballants et la voit disparaitre de mon champ de vision aussi rapide que l’éclair…Une bouffée d’émotion m’envahit et une larme coule sur ma joue sans que je puisse la retenir.

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