• Belle journée à toutes et à tous,

    Déjà publiée à plusieurs reprises, cette histoire doit faire partie de mes "grands classiques"....Je veux dire, de celles qui m'ont le plus impressionnée !

    Désolée pour ceux qui connaissent déjà...Très bientôt, une histoire nouvelle et... bien étrange ...

    La mer

    La mer (mère) reprend sa pierre

        Nous sommes le 30 juillet 1987, quelques mois seulement après un terrible accident de voiture qui a emporté brutalement nos parents dans une rue de Nantes.

    Ce jour-là, comme chaque jour pendant l’été, je suis assise sur une plage de la côte bretonne, un lieu que j’affectionne particulièrement parce que j’y ai passé toutes mes vacances depuis mon enfance. Ce lieu, je le connais comme si j’y étais née. C’est là que je viens me ressourcer dès que je le peux, un lieu que j’aime parce qu’il me rappelle mes parents, nos longues journées sous un pommier, les interminables parties de tarot ou de belote dans la caravane ou nos escapades dans un canot breton pour relever les casiers et les filets dès l’aube. Je n’oublierai jamais non plus les incontournables retours de pêche où, invariablement nous devions tendre les filets pour ôter un à un les petits crabes entortillés dans les mailles…

    Toute à mes souvenirs, je m’aperçois que j’ai perdu l’aigue-marine de la bague que je porte à mon doigt, et quelle bague !!! La bague de fiançailles de ma mère ! Je suis très étonnée, très déçue et surtout terriblement en colère contre moi d’avoir perdu quelques mois seulement après l’avoir mise à mon doigt, cette pierre que ma mère a portée trente huit ans sans problème.

    Je cherche partout où je suis passée depuis le matin…rien ! Je refais le chemin en long, en large et en travers…rien ! Je retourne tous les petits trous de rochers ou j’ai cherché des palourdes la veille (au cas où je l’aurai perdue plus tôt que je ne l’imagine !)…évidemment, rien !!!

    Il semblerait que ma mère ait voulu reprendre sa pierre…dans ce lieu qu’elle affectionnait tant elle aussi !

    Pour me rassurer un peu, je me dis qu’il s’agit peut-être d’un signe et je revisite tous les souvenirs des moments heureux que j’ai passés avec mes parents sur le terrain qu’ils louaient à l’année et où nous passons encore nos vacances.

    Je commence par l’immense pommier qui a connu toutes nos histoires depuis notre enfance. Situé à la gauche du terrain, il était caché de la route et nous protégeait de tous les regards indiscrets et des intempéries. Sous ses branches, nous avions construit une petite « guitoune » pour abriter le frigo et la gazinière, et une grande table de bois nous rassemblait tous (ainsi que tous les amis de la famille) pour de longs repas et des discussions à rallonges. Je regarde sous la table, dans tous les recoins de la cabane et même au pied de l’arbre…rien !

    Tiens, mais c’est vrai, derrière elle, il doit rester un vieux casier abîmé par le temps…Je m’approche et ne découvre que les souvenirs des petites soles qui faisaient le régal des enfants, des gros dormeurs et même d’un sympathique homard que nous avions dégustés avec tant de gourmandise…et …je souris en y repensant….Je me revois avec mon beau-frère le jour où nous nous sommes retrouvés assis sur le bord du canot breton, les jambes en l’air parce qu’un énorme congre venait d’atterrir à l’intérieur.

    Sur la plage, je reste des heures à écouter le murmure des vagues, je m’installe sur le rocher à tête de chien que j’ai choisi pour regarder le large et la côte…Piriac, ce si joli village où nous passions des heures à flâner dans ses ruelles, au marché et au  manège où nous emmenions les enfants pour de longues soirées – huit enfants et une dizaine de tours de manège chacun – quand j’y repense !!

    Bref, pendant trois jours, je ne pense qu’à rechercher cette pierre, je fouille partout, je me lève avec cette idée, déjeune avec elle, me couche avec elle et dors avec elle…mais rien ! Cela devient une véritable obsession ….

    Le troisième jour, je me réveille avec une seule pensée : mon frère, de retour d’un voyage au Népal,  a promis de venir nous voir…je l’attends avec impatience et me lève tôt pour aller faire quelques emplettes au marché, préparer un bon petit repas et organiser un peu son arrivée comme il se doit…et là ! Enfin, j’oublie un peu cette maudite pierre.

    Mon frère arrive enfin, et je ne pense qu’à écouter les récits incroyables de son voyage, me laissant un peu aller à la magie d’une telle aventure ! Ses longues randonnées dans les montagnes abruptes, ses rencontres avec les habitants dans des endroits oubliés du monde, pauvres, mais tellement humains : « Nous avons été reçus dans une famille qui nous a offert son bien modeste repas, ne gardant rien pour eux…nous étions gênés, mais ils insistaient » raconte-t-il «  quand nous sommes partis, nous avons voulu leur offrir quelque chose à notre tour, mais la seule chose qu’ils désiraient c’était que nous les prenions en photo afin de ne jamais les oublier « …J’avoue qu’à ce moment, ma pierre est bien loin, que son importance a bien disparue…Je m’en veux même de lui avoir accordé une telle importance au point d’avoir passé trois jours à la chercher. Les objets ont-ils plus de valeur que l’être humain ?

    -           - Je vous ai ramené un petit souvenir, annonce mon frère en nous présentant à ma sœur et moi deux magnifiques coffrets en pierre sculptée.

    Ma sœur ouvre son coffret et découvre à l’intérieur une ravissante bague qui lui va à ravir J’ouvre le mien et je reste bouche bée… Il contient quatre petites pierres, deux minuscules rubis rouges, une jolie pierre ovale blanche…et une aigue-marine….identique en tous points à celle que j’ai perdue (même coloris, même taille, mêmes ciselures, mêmes facettes…). En tremblant, je la pose sur la bague. Elle épouse parfaitement l’intérieur des griffes !!!!!

    -           - « Quand l’as-tu achetée ? » Je pose cette question avant même de le remercier tant je suis ébahie.

    -           - « Il y a trois jours, juste avant de partir « me répond tranquillement mon frère…c’est-à- dire le jour même de la disparition de la pierre. L’heure était-elle la même. Est-ce un hasard ? Pourquoi a-t-il choisi une pierre plutôt qu’un gadget comme d’habitude ? et pourquoi cette pierre précisément ? de cette taille ? et pourquoi n’a-t-il pas inversé les cadeaux ? et pourquoi cette date ? et surtout….à des milliers de kilomètres de l’endroit où je me trouvais ???

    Que de questions ! Ne serait-ce pas seulement un genre de transmission de pensée ? un signe de l’au-delà ?

    Personnellement, je pense que ma mère a voulu récupérer sa pierre (trop chargée en émotions) pour m’en envoyer une qui serait bien à moi.

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  • Coucou les ti-loulous,

    Aimez-vous le cirque? avec ses magiciens, ses clowns et ses trapézistes? En voilà un que Tinou et Toinette, deux enfants comme vous, ne sont pas prêts d'oublier.

     

    Le cirque

    Le cirque

        Le petit village de Noyal est en effervescence. Un grand cirque vient s’installer aujourd’hui sur la place centrale. Tinou et Toinette sont les premiers sur les lieux. Déjà, les caravanes occupent le grand terrain vague situé tout près, juste derrière le grand supermarché. Ils s’avancent discrètement pour jeter un coup d’œil. Les cages sont ouvertes pour laisser les animaux paitre tranquillement l’herbe haute ou bien prendre leur petit déjeuner dans de grands bacs.

    Tout  le monde connaît son rôle à la perfection. Chacun vaque à ses occupations en silence, presque sans parler...avec des gestes précis. Les uns montent le chapiteau, d’autres s’occupent des lions et des tigres qui attendent derrière les barreaux qu’on leur donne leur repas.

    Tinou et Toinette admirent la dextérité et l’adresse des jongleurs qui s’entrainent gaiement près de leur caravane. Balles et quilles s’élèvent dans les airs formant un magnifique arc en ciel multicolore. Dans son coin, un magicien teste ses tours face à un public imaginaire. Fascinés par un  cracheur de feu, les deux enfants se laissent surprendre par un artiste qui jette un coup d’œil amusé dans leur direction :

    -          - Tu crois qu’il nous a vus, lance Toinette, un peu gênée d’être ainsi entrée dans l’intimité du groupe

    -          - Oui, certainement, mais ne t’inquiètes pas ! Je pense qu’il a compris que nous allons venir ce soir les applaudir.

    Tinou lui envoie un petit signe de la main avant de s’éloigner en chantonnant avec sa sœur.

        Il y a foule ce soir devant l’entrée du chapiteau. Papa et maman avaient prévu le coup. Ils étaient les premiers à prendre les  places au guichet. Tinou et Toinette sont heureux, ils sont placés sur la première rangée de bancs, juste devant la piste.

    Un homme dans un magnifique costume rouge s’avance enfin pour présenter les artistes les uns après les autres. Les enfants acclament les jolies écuyères qui évoluent telles des libellules sur de beaux chevaux blancs. Ils tremblent un peu devant les trapézistes qui s’élancent d’une barre à l’autre. Ils les dévorent des yeux  tandis qu’ils volent dans les airs  pour être rattrapés in extrémis par leurs copains.

    Le spectacle enchaine les numéros et les enfants sont sous le charme.

    -          _ ça va bien les p’tits z ‘enfants ? 

    -        -  ouiiiiiiiiiiiiiiiii

    -          - Tout le monde ça va bien ?

    -          - Ouiiiiiiiiiiiiiii

    -          - Même vous Tinou et Toinette ?

    Les deux enfants se regardent, surpris. Comment le clown connait-il leurs prénoms ? Ils ont bien sûr reconnu l’homme qui leur avait fait un petit clin d’œil ce matin. Malgré son costume trop grand, son chapeau, la peinture blanche qui recouvre son visage et son gros nez rouge, la flamme qui brille dans ses yeux est la même.

    Il regarde dans leur direction tandis que deux  projecteurs se braquent sur eux, les enveloppant d’une lumière bleue. Le frère et la sœur se prennent la main comme lorsqu’ils étaient tout petits et qu’ils avaient peur. Leurs parents les encouragent à rejoindre l’artiste qui les invite à venir « jouer avec lui ». Trop fiers d’avoir été choisis pour assister le clown-magicien dans ses tours de magie, leur timidité disparait bien vite. Ils s’amusent comme des petits fous à souffler sur de grosses bulles de savon pour les transformer en colombes. Très vite, ils se retrouvent au milieu de la piste accoutrés d’une  large combinaison blanche pour participer à un drôle de jeu avec leur nouvel ami: une gigantesque partie de lancers de tartes à la crème rythmée par les éclats de rire du public. Leur joie est contagieuse dans les gradins, et c’est sous une salve d’applaudissements que le clown les reconduit ensuite auprès de leurs parents.

    Ils ne sont sûrement pas prêts d’oublier cette merveilleuse soirée, et je crois même que plus tard, ils rejoindront l'école du cirque pour apprendre à jongler.

     

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  • Belle journée à toutes et à tous,

    Que diriez-vous d'un petit sourire aujourd'hui avec cette histoire "insolite"

    Et absolument véridique !!!...Rien de mystérieux cependant dans cette anecdote.

    Conscience professionnelle

    Conscience professionnelle

    « Je vous parle d'un temps
    Que les moins de vingt ans
    Ne peuvent pas connaître… »

    Qui ne se souvient de cette magnifique chanson d’Aznavour ?? Bingo !! Je le vois bien, vous êtes déjà en train de la fredonner, et elle va rester toute la journée dans votre tête…impossible de vous en débarrasser … Cadeau !

    A cette époque précisément, c’était un peu la bohème : On pouvait conduire sans ceintures de sécurité, les gilets jaunes (vêtements) n’existaient pas et on n’avait pas besoin de limitation de vitesse pour ralentir. Je jouais avec les autres enfants au beau milieu de la rue à la marelle avec une boite de cirage remplie de sable … et je pouvais faire du vélo….sans casque.

    Ça a bien changé, et on n’imaginerait même pas de telles «imprudences » aujourd’hui. Les conditions de circulation ne sont pas les mêmes bien sûr, et faire du vélo de nos jours tient plus du parcours du combattant que de la partie de plaisir !

    Bref, tout ça pour en venir à une petite mésaventure assez « insolite », et à mon avis, plutôt  drôle, survenue à une habitante de la région nantaise il y a bien une bonne cinquantaine d’années de cela.

    Âgée d’une cinquantaine d’années, cette femme pédale tranquillement dans les rues de Basse Indre, près de Nantes. Elle rentre chez elle en fin de journée tandis que le ciel commence à s’assombrir. Pas de circulation, ce qui en somme, lui semble assez normal puisque le chemin qu’elle emprunte est la plupart du temps désert. Elle pense au repas qu’elle va préparer ce soir et accélère un peu. C’est alors qu’elle est brusquement stoppée par un gendarme qui se trouvait comme par hasard dans le coin.

    Surprise, elle s’arrête sans se faire prier et s’apprête à ouvrir la bouche lorsqu’il lui fait signe de se taire d’un geste de la main. Il fait le tour du vélo, l’inspecte dans les moindres détails (le vélo évidemment!), et déclare presque solennellement :

    -          - Vous rouliez trop vite !

    -          - Mais....

    -         - Et vos freins sont mal réglés, vous avez de la chance de ne pas avoir eu d’accident !

    -          - Mais...

    -          - Le plus grave, c’est que vous n’avez pas d’éclairage sur votre bicyclette. Votre feu arrière ne fonctionne pas. Vous savez que c’est obligatoire ?  Je vais être devoir vous verbaliser

    -          - Mais....

    -          - Ne discutez pas ou la note sera encore plus salée. Et en disant ces mots, il sort son carnet de contraventions et commence à rédiger le procès-verbal, laissant la pauvre femme sans voix. Elle se reprend :

    -          - Mais ! C'est une plaisanterie? Ce n’est pas drôle du tout !

    -          - Pas du tout ! la loi, c’est la loi. C’est la même pour tout le monde !

    -          - Tu es tombé sur la tête ? Allez, laisse-moi partir, poursuit-elle en regardant son mari avec un haussement d’épaule ...ça fait des mois que je te demande de le réparer ce foutu vélo ! En plus, c’est toi qui va la payer, cette amende...

    -          - Et alors ?

    Qui peut se vanter de nos jours d’avoir une telle conscience professionnelle ?

     

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  • Coucou les ti-loulous,

    Mercredi, jour des enfants...C'est au tour de Faustine d'être à l'honneur aujourd'hui avec "son histoire"...T'en souviens-tu?

    A propos...Les vacances sont proches...dans un mois. Je suis encore partante pour écrire des histoires rien que pour vous. Qui veut son histoire????

    Bizatousssssssssssssss

    Faustine

    Faustine

    Derrière la fenêtre de son chalet, Sophie ne se lasse pas de regarder avec  tendresse sa fille Faustine, fixant dans sa mémoire cet instant magique. Dans la  vaste prairie qui descend en pente douce jusqu’à la terrasse, elle est allongée dans l’herbe fraîche parsemée de gentianes et de campanules bleues. Sans relâche, elle suit des bulles de savon qui s’échappent et s’envolent autour d’elle. Parfois, elle se relève et essaie de les rattraper avant qu’elles n’éclatent….Pif ! paf ! Ploc !

    Elle rit aux éclats et souffle si fort dans la rondelle de plastique qu’une bulle plus grosse que les autres se forme, grandissant encore et encore, se teintant de jolies couleurs irisées bleues, roses et mauves. Elle atteint rapidement une taille si importante qu’elle retombe sur Faustine, l’enveloppe totalement et l’emporte avec elle au gré du vent.

    Faustine

    La bulle monte dans les airs…Faustine se sent toute étourdie, mais heureuse, légère, bercée dans cette bulle à travers laquelle elle aperçoit  le chalet devenir de plus en plus petit. Elle survole les montagnes aux pics rocheux parfois recouverts de neige, les villes et les villages aux clochers pointus, les champs de maïs et de tournesols qui se tournent tous vers elle, mais aussi les rivières et les lacs argentés.

    -          - Comme c’est beau ! hurle Faustine au fond de sa bulle qui se met aussitôt à redescendre vers le sol. Elle atterrit au beau milieu d’un champ de blé parsemé de coquelicots rouges vifs.

    Faustine ferme les yeux et les ouvre aussitôt pour découvrir une magnifique princesse qui la regarde affectueusement. Elle est vêtue d’une longue robe rose brodée d’étoiles d’or et d’argent. Sa longue chevelure blonde qui effleure le sol est couverte de fleurs multicolores.

    Faustine

    -          - Je suis la Princesse Fleur, lui dit-elle avec douceur...Tu veux bien venir avec moi ?

    Même si elle trouve la Princesse Fleur très jolie, Faustine n’en est pas moins méfiante et recule d’un pas. Elle  lui répond du tac au tac :

    -          - Non ! Dis-moi d’abord où tu veux m’emmener ?

    -          - C’est une surprise !

    -          - Je veux savoir…Faustine élève un peu la voix.

    -          - Je te propose de venir avec moi découvrir la campagne…et plus précisément la vie à la ferme.

    -          - Avec des vaches, des chevaux, des moutons et tout et tout ??

    -          - Oui, ça te plait ? Alors, on y va ?

    -          - Oh oui ! répond notre petite blondinette très enthousiaste.

    Au même instant, un tracteur vert et rouge surgit près d’elles. Salopette bleue, moustaches noires et casquette rivée sur la tête, le fermier les invite à monter à côté de lui. Elles traversent ainsi le champ de blé et empruntent un petit chemin qui les conduit tout droit dans une cour de ferme. Elles sont accueillies par les aboiements d’un gros chien noir tout frisé. L’odeur de foin, de terre et de crottin remplace les délicates senteurs de gentianes, de pins et de résine que respirait Faustine quelques heures plus tôt. Cela fit rire Princesse Fleur quand elle lui dit avec une petite moue :

    -          - Ça sent bizarre !

    A peine descendue du tracteur, Faustine s’en donne à cœur joie, sous l’œil amusé du fermier. Elle court derrière un gros dindon qui s’enfuit, affolant les poules et les poussins qui picoraient tranquillement quelques graines au sol.  Elle patauge joyeusement dans la boue et s’élance à la rencontre d’une famille de canards qui nage à la surface d’une mare bordée de joncs et couverte de nénuphars…On peut même y percevoir le coassement des grenouilles.

    Faustine

    Plus loin, elle s’amuse en voyant deux chatons roux et blanc qui essaient d’attraper les plumes colorées d’un coq qui leur pique le bout du museau.

    Faustine

    Après la visite du potager dans lequel elle a dégusté une tomate bien mûre, une carotte et  quelques fraises, Faustine entre dans l’étable. Ça tombe bien, c’est l’heure de la traite des vaches.  La fermière lui offre un verre de lait tout chaud et pouffe de rire en voyant la grimace de Faustine.

    Devant les clapiers, elle est émerveillée par des bébés lapins. Elle en prend un dans ses mains, le caresse doucement et enfouit sa tête dans ses poils duveteux en lui faisant plein de bisous.

    Un peu fatiguée par toute cette activité, elle demande à Princesse Fleur de la ramener chez elle…Sa maman, son papa et sa sœur Lucille lui manquent trop…Elle veut leur raconter son aventure.

    -         - Ferme les yeux et compte jusqu’à dix !

    -          - Un…deux…trois… (A toi maintenant !)

    Lorsqu’elle s’éveille, Faustine est allongée dans l’herbe, un edelweiss blanc et cotonneux en forme d’étoile dans les mains, le même qu’elle a vu sur la robe de princesse Fleur. Elle se précipite jusqu’au chalet et se blottit dans les bras de sa maman.

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  • Belle journée à toutes et à tous,

    Une histoire "étrange" toute douce...qui pourrait bien être un conte pour enfants...C'est d'ailleurs ainsi que je l'ai réellement "vécue"

    Bonne reprise (pour ceux qui ont eu la chance d'être en congé hier) et bon courage à tous

    Un petit oiseau en or

    Un petit oiseau en or

        Ma grand-mère a toujours su nous gâter par sa tendresse, ses mots gentils, ses bons petits plats, ses anecdotes… mais offrir des cadeaux n’était pas pour elle, à mon souvenir, son moyen d’expression le plus naturel. Elle ne devait pas savoir choisir les présents qui feraient plaisir à chacun de ses petits enfants, aussi avait-elle écarté le problème en nous envoyant une petite enveloppe à Noël, pour notre communion ou pour notre anniversaire, et bien sûr une petite pièce de temps en temps quand l’envie lui en prenait.

    Mis à part des vêtements qu’elle commandait à la Redoute lorsque nous passions nos vacances chez elle à la campagne dans un charmant village à cinquante kilomètres de Poitiers, je ne me souviens pas des cadeaux qu’elle aurait pu m’offrir ! Excepté bien sûr cette petite broche en or (enfin, c’est ce que je croyais ...je n’avais alors que six ou sept ans !) représentant deux oiseaux ventrus sur une brindille.

    Je les revois encore !

    Quel bonheur ! Quelle était jolie cette petite broche ! Et comme j’étais fière de la  porter…toujours près de mon col…en haut, à droite…Je n’arrêtai pas de la regarder en tirant légèrement sur ma robe ou sur mon pull pour mieux apercevoir mes deux nouveaux compagnons. Ils ne me quittaient jamais, et je crois même qu’ils me portaient chance !!

    Bon, d’accord, ça fait très longtemps ! Mais il me semble que je les entendais chanter…si si !! Et quand je les prenais dans le creux de mes mains, ils se blottissaient et je sentais leur souffle léger et la douceur de leur duvet. Et ça, je n’ai jamais imaginé un seul instant que c’était magique. Non, ce qui est surprenant, incroyable et pourtant absolument véridique, c’est la suite de l’histoire.

    Bien sûr, je n’ai jamais raconté cette anecdote à quiconque. Qui aurait pu croire une gamine de cet âge ! J’ai gardé ce petit secret pour moi seule, mais à présent, je suis grande et digne de confiance (enfin, je pense !) alors je vous livre mon « aventure », ma toute première expérience avec…appelons-le « le hasard », c’est ce qui rassure le plus.

    Oui, oui, je sais, je délaye un peu pour garder le suspens !! J’y arrive : Voilà !

    Ça c’est passé un jour normal je crois…un jour ou je jouais avec tous mes petits amis …Je serai bien incapable de dire leur nombre, les décrire…les souvenirs d’enfance sont toujours un peu flous, il ne reste que quelques flashs, des odeurs, des couleurs, des sentiments…

    C’est assez surprenant d’ailleurs…Je me revois devant une grosse bassine remplie de linge qui sent bon la lessive, assise à l’avant de la brouette que ma grand-mère pousse jusqu’au petit ruisseau caché à l’abri des noisetiers, je suis heureuse ! c’est juste un flash…un autre vient aussitôt…je suis avec une ribambelle de gamins en train de construire une « tente de camping » avec un drap et des bouts de bois dans l’immense champ derrière la maison, mais c’est tellement vague !!! Il y a aussi des senteurs qui reviennent, celle du lierre quand je pars à la chasse aux escargots (odeur, bien sûr, que je n’ai jamais retrouvée), celle de la pâtée que ma grand-mère prépare pour les cochons (idem !)…

    Je m’égare…voilà, à présent, je ne m’arrête plus en chemin, je vais directement au vif du sujet !

    Il fait très beau ce jour-là, et je viens de passer toute la journée avec mes ami(e)s à jouer sur le terrain de foot en bas du bourg…Un peu fatiguée d’avoir couru, sauté, joué au cochon pendu sur la main courante qui entoure le stade, je rentre chez ma grand-mère pour boire un verre de limonade et dévorer mon goûter. Je tire machinalement sur mon col…et OH ! Plus de petits oiseaux…ils se sont envolés…sans rien dire à personne, je fais ni une ni deux et je retourne illico à l’endroit où ils se sont fait la belle …sur le terrain de foot (enfin, c’est ce que j’imagine !).

    Je marche les yeux rivés sur le chemin (au cas où je les aurais perdus en revenant) et sur place, je réalise que ma tache s’avère bien difficile…. Mon dieu qu’il est grand ce terrain !!! Autant chercher une aiguille dans une botte de foin comme dit si souvent ma grand-mère. C’est carrément impossible de retrouver cette petite broche dans un endroit pareil ! Mais qu’est-ce-que je croyais ? Que j’allais retrouver « mes » petits oiseaux comme ça, rien qu’en regardant ce vaste champ ?? N’importe quoi ! Je commence à arpenter le terrain sur toute sa longueur, puis sur sa largeur, peine perdue. Il  reste tout l’intérieur, comment faire ?…je n’y arriverai jamais !! Je me sens soudain bien seule !

    Je me plante en plein milieu du champ. Les buts me semblent si loin !!! Pour compliquer encore la tâche, l’herbe est haute ! Je regarde autour de moi, et, comme chaque fois que je me sens impuissante, je me jette littéralement sur le sol, allongée à plat ventre, la tête sur mes bras repliés. Un truc de gamine, un peu comme une autruche piquerait du nez dans le sable…je sais, ça ne sert à rien, mais c’était ma façon d’abattre mes cartes et de laisser éclater ma colère. Là, je peux me laisser aller et pleurer toutes les larmes de mon corps sans que personne ne le sache (enfin, c’est ce que je pense…un peu comme l’autruche de tout à l’heure !)…Un tout petit peu calmée, j’ouvre les yeux et je vois l’une de mes petites larmes rouler sur l’herbe…et là…le plus incroyable se produit…si, si c’est vrai ! De toute cette histoire, c’est cette image qui reste gravée le plus exactement dans ma mémoire…je la revois encore…je revois cette petite larme rouler et BRILLER !! Briller sur l’or de la petite broche…cette scène aurait pu se produire hier tant elle est inscrite dans mon souvenir…

    Je me suis allongée sans le savoir à l’endroit même où j’avais perdu « mes petits oiseaux ». Je n’ai aucune explication à fournir à cette histoire. C’est la toute première fois qu’une chose pareille m’arrivait, et je crois que je n’en ai jamais parlé à personne de peur qu’on ne me croie pas. Il me semble qu’à l’époque, j’avais mis ça sur le compte du « petit Jésus » qui faisait des miracles…mais, bien sûr, maintenant que j’ai bien grandi, je sais que ce n’est qu’un hasard.

     

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