• Belle journée à toutes et à tous,

    Voici enfin le dernier volet de "Dans la peau d'une autre"...De plus en plus surprenant ! et que de hasards !

    Après demain, une histoire inédite et beaucoup plus légère....très étonnante !!

    A bientôt et bon courage si vous reprenez le chemin du boulot.

    De plus en plus surprenant

    Dans la peau d’une autre

    III

    A la suite de cet épisode douloureux, j’ai passé une année   à l’école Normale pour préparer mon CAP (certificat d’aptitude pédagogique). Je l’ai obtenu assez facilement et notre petite  vie a repris tranquillement. Une nuit cependant, je suis réveillée brutalement, prise d’un malaise qui m’empêche de respirer, m’angoisse et nécessite la venue du médecin de garde. Lorsqu’il me demande de me mettre debout, je sors de mon lit et m’écroule comme une masse sur le sol...impossible de me relever seule...

    -            - Il s’est passé quelque chose dans la journée ?

    -           -  Non ! rien de spécial

    -            - Et ? ... il y a un an ? 

     Mon mari et moi sommes « abasourdis » par une telle question de la part d’un médecin... Je réfléchis... Je les regarde tous les deux, complètement « ahurie ». Un an plus tôt, jour pour jour, j’entrai dans la classe de madame Meyer *. En un an, j’ai cessé d’y penser (mes « petits loulous » occupent agréablement mon temps et mon esprit) ...mais pas mon corps !

    Les mois suivants, j’enchaine les remplacements. J’attends mon troisième enfant et je suis enfin nommée sur un poste en maternelle pour une longue période... et pour cause : je dois remplacer une institutrice ...qui vient de perdre la vie dans un accident de voiture...l’accident improbable ! Une collision en pleine ville…Elle venait de conduire son mari chez le dentiste.

    Le hasard se poursuit...elle est jeune elle aussi et évidemment, je ne suis pas vraiment la bienvenue pour « prendre sa place »: elle était tellement sympa ! Avec toujours de formidables projets au sein de l’école... etc...etc...et moi qui arrive avec mes gros sabots et enceinte en plus !!!

    Par contre, l’angoisse n’est pas aussi présente que la fois précédente....OUF ! je n’ai pas mon permis de conduire ! Je ne risque rien !

    Mais quand même, le sort s’acharne sur nous, mon bébé et moi. Des contractions dès les premiers mois de grossesse me paniquent (je viens de faire une fausse couche !)

    Quelle était la probabilité pour que je remplace deux fois dans ma carrière des instits qui perdent la vie avant trente ans ?

    Les années passent. Je suis enfin « titulaire » de mon poste en maternelle....j’ai enfin « ma propre classe ». Quel bonheur !! Difficile d’imaginer ce sentiment de liberté qui nous anime et la joie de pouvoir enfin emmener si loin ces jeunes élèves  dans la vie et dans le rêve !

    Bref...je suis au moins sûre que « mon fantôme » m’a oublié et a quitté les lieux !...sauf qu’en discutant un jour avec le chef d’établissement, la discussion bascule sur ce sujet.

    -           - Détrompez-vous, me dit-elle sans sourciller, madame Meyer  a aussi enseigné dans cette école...dans la classe même où vous êtes actuellement !!!

    Non ! je rêve !

    Ma carrière se terminera dans ce même établissement. Après quinze années où j’ai pris, malgré les circonstances, beaucoup de plaisir à travailler avec mes petits élèves. J’ai tellement aimé cette profession.

    J’ai cessé d’enseigner après le tragique accident de voiture qui a emporté mes parents. Mon père est mort le jour même (en pleine ville, dans les mêmes circonstances que la deuxième enseignante que j’ai remplacée …un hasard) et ma mère d’une embolie huit jours après (comme madame Meyer… un deuxième hasard !)

    Et comme un hasard n’arrive jamais seul ! En voilà un troisième : cet accident a lieu le 28 novembre, jour du décès de ma tante Hélène. Mon père nous a quittés  le même jour que sa sœur, partie un 28 novembre.

    Je termine ce texte, le 27 novembre, pas le 28 ! petite pensée à mes parents à qui je pense très très fort.

    ·         Madame Meyer : Voir texte précédent...j’ai changé le nom de l’institutrice que j’ai remplacée (Oh Non! je n’ai pas oublié son nom !!)

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  • Coucou les ti-loulous,

    Voici pour les plus jeunes d'entre vous une histoire d'ours...

    Les saisons passent avec chacune un peu de magie.

    Après-demain, une histoire inédite...

    Bizatousssssssssssss

    Petit ours

    Petit ours

    Dans sa maisonnette au fin fond de la forêt, petit ours a allumé un bon feu dans la cheminée. Bien au chaud,  il s’est assis sur son fauteuil pour lire une histoire dans son grand livre de contes.

    Soudain, il entend frapper à la porte :

    -          - Toc, toc, toc...

    -          - Qui est là ? demande-t-il.

    -          - C’est le grand vent d’automne qui siffle dans les arbres...WHOU-OU-OU-OU ...tu viens jouer avec moi ?

    Petit ours enfile sa grosse veste de laine et court après les feuilles fanées qui virevoltent autour de lui. Il rit beaucoup et essaie d’en attraper quelques-unes pour faire un beau bouquet coloré....puis il rentre chez lui pour se réchauffer et regarder les images de son album.

    Soudain, il entend frapper à la porte :

    -          - Toc, toc, toc...

    -          - Qui est là ? demande-t-il.

     - C’est la pluie qui vient te chanter sa chanson...flic, flac, floc...Tu viens jouer avec moi ?

    Petit ours chausse ses bottes fourrées et saute dans les flaques d’eau à pieds joints...plif, plaf, plof...Comme c’est drôle ! Il est tout mouillé, mais tellement heureux !...puis il rentre se sécher près du feu et retourne dans son fauteuil pour poursuivre sa lecture.

    Soudain, il entend frapper à la porte :

    -          - Toc, toc, toc...

    -          - Qui est là ? demande-t-il.

     - C’est la neige qui doucement recouvre ton jardin et ta maison de ses flocons légers ...tu viens jouer avec moi ?

    Petit ours s’emmitoufle dans sa doudoune, prend son bonnet et ses moufles, attrape son écharpe et sort dans son jardin. Tout est blanc...et froid. Quand il marche, ses pattes s’enfoncent dans cet épais tapis blanc  et ça fait des petits trous tout ronds...ça l’amuse beaucoup...puis il construit un petit ours de neige et l’habille avec son bonnet, son écharpe et ses gants...A présent, il a très froid, alors il rentre dans sa maisonnette, regarde par la fenêtre et salue son nouvel ami. Il baille et se sent soudain bien fatigué, alors il va se coucher, remonte sa couette jusqu’à ses oreilles et s’endort...Il va à présent hiberner jusqu’au printemps prochain.

    Bonne nuit petit ours !

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  • Belle journée à toutes et à tous,

    L'anecdote précédente à une suite comme je l'écrivais dans le texte...et quelle suite ! une série de "hasards" assez surprenants !!

    Hasards bizarres !

    Dans la peau d’une autre

    II

        Enfant, j’ai toujours eu la certitude que je m’occuperai d’enfants lorsque mes études seraient terminées, et pourtant j’étais attirée par d’autres professions telles le journalisme ou la psychologie. J’ai eu la folle idée d’en parler en famille, provoquant immédiatement une réaction à laquelle je ne m’attendais pas de la part de mon père :

    -         Tu n’y arriveras jamais ! Il faut travailler dur pour ça ! tu seras institutrice ! (comme sa sœur Hélène bien sûr !!)

    Ceci dit, pardon pour lui à toutes les instits ! il faut aussi travailler très dur pour ça !!! Même si à l’époque, le bac suffisait (pas facile non plus de l’obtenir en 70)

    Sans réfléchir, je me suis dirigée vers cette profession ! J’ai toujours aimé les enfants, alors pourquoi pas ! Cemétier est devenu une véritable passion, une vocation.J’ai travaillé sans relâche pour faire de mon mieux avec comme devise : « si les enfants sont heureux en classe, et bien j’ai fait la moitié de mon boulot ! »

    C’est dans le cadre de cette carrière que des événements « étranges » (en « relation » avec cette terreur enfantine) ont eu lieu à trois reprises.

    Durant mes  premières années, j’effectuai des remplacements allant de une journée à plusieurs d’affilés dans tout le département. Lorsqu’un remplacement se terminait, j’attendais ma nomination suivante qui arrivait le jour même (parfois le lendemain !) et c’était toujours la surprise...je devais être prête à me déplacer à Châteaubriant, Rezé ou Leger.

    Un beau jour de vacances, nous sommes dans la famille de mon mari. Mon beau-père lit le journal et je l’entends s’exclamer : «24 ans, ce n’est pas un âge pour mourir ! » je ne connais pas la raison du décès de cette jeune femme, mais je suis sous le choc. Elle a mon âge ! Je ne suis pourtant pas au bout de mes « surprises » ! Ma nomination arrive ...je dois me rendre dans une classe maternelle... où cette femme « partie trop tôt » enseignait !!

    Je remplace cette enseignante qui vient de perdre la vie suite à un accouchement.

    Une suite de « hasards » commence à cet instant : elle est décédée de la même façon que ma tante. Encore elle !Sa sœur (mon autre tante) enseigne dans le même groupe scolaire (en primaire)

    Pourquoi moi ??? En plus, elle a mon âge et je suis également enceinte !

    Le cauchemar commence dès mon arrivée...je suis très mal accueillie. Ses collègues ne m’acceptent pas ...en effet, je ne peux pas prendre la place de cette amie qu’elles aimaient beaucoup...pire ! Enceinte comme elle...Bravo l’Académie ! J’arrive dans un endroit terriblement affecté par cette absence, dans la classe même où je ressens constamment sa présence. 

    Machinalement, j’ouvre le tiroir du bureau et je tombe sur le seul objet qui y traine : sa photo…Je reste scotchée, incapable de faire un geste...j’ai l’impression de me voir ! je lui ressemble tellement !Mêmes cheveux longs, même regard et expressions sur le visage...je ressens une vague glaciale courir le long de mon corps...

    Heureusement, il y a les enfants ! Je suis aussi là pour les soutenir...un jour, l’un d’eux s’approche de moi et tristement me demande :

    -         Toi aussi, maîtresse, tu vas mourir ??

    Waouh ! Je ne vais tout de même pas lui répondre que j’y pense aussi !!!... ses collègues ne se sont pas privées pour me raconter les circonstances de son départ : Tout allait bien ! C’est une embolie qui l’a emportée dix jours après la naissance...sans aucune raison !

    Le coup de grâce m’est donné par la maman de l’un de mes petits élèves...Constatant que mon ventre s’arrondissait pas mal, elle ne trouve rien de mieux que d’engager la conversation sur le sujet qui fâche :

    -         Les enfants  l’aimaient beaucoup cette institutrice....C’est très triste, mais vous savez, ça arrive plus souvent qu’on ne le croit !!

    Non ! Sans blague ! Ça rassure !!

    A ce stade, je suis terrorisée bien sûr, mais je me pose plusieurs questions :

    1-    1-  Quelle était la probabilité que je remplace une personne qui venait de mourir ? Bon admettons…

    2-    2 -  Quelle probabilité qu’elle soit jeune ? et  qu’elle ait le même âge que moi ?

    3-      3 -  Quelle probabilité que ce soit à la naissance d’un enfant alors que je suis également enceinte ? (quoi qu’en dise cette mère d’élève !)

    4-      4 - Quelle probabilité qu’elle me ressemble et que comme par hasard je tombe sur sa photo

    5-      5 - Et puis d’abord : Elle n’a pas eu de congés de maternité cette femme ? il n’y avait personne pour la remplacer avant ? (cette question, c’est aujourd’hui que je me la pose…j’étais tellement atterrée à l’époque que je n’y avais même pas songé !!!)

    6-      6 - Et cette école ? le groupe scolaire où enseigne également l’autre sœur de mon père !!! la sœur d’Hélène !

    Je ne sais pas si cet épisode de ma vie avait pour but de renforcer ou au contraire diminuer cette peur panique de la mort que j’avais déjà eu dans mon enfance…il m’a néanmoins obligée à la regarder en face…mais dans quelles circonstances !!! Le fantôme d’Hélène était bel et bien là !

    Reste que cette angoisse qui ne m’a pas lâchée jusqu’à la naissance de ma fille n’a pas été sans conséquences sur les premiers jours de bébé et sur mon état général, tant physique que moral.

    Après la naissance, je me suis mise à compter les jours...Dix jours après, j’ai enfin commencé à respirer.

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  • Coucou les ti-loulous,

    Cette histoire parle de la fête des mamans...oui, bon ...je sais, c'est au mois de mai, la fête des mères...et d'abord, pourquoi, on ne fêterait pas les mamans tous les jours....On les aime tous les jours nos mamans, non???

    Bizatousssssssss

    En illustration : des fleurs pour maman

    Vava

    Vava, le vélociraptor

    Une musique un peu vieillotte s’échappe de la sono. Entêtante, elle résonne en  envahissant toutes les rues et ruelles du village. On l’entend à des kilomètres à la ronde. Attirés sans doute par l’odeur des grillades et de la barbapapa, les visiteurs affluent et se promènent en famille dans les allées du vide-grenier organisé par les parents d’élèves de l’école primaire. Sur les stands, tout un mic mac d’objets, livres, vaisselle, jouets et bibelots plus ou moins bizarres attendent un nouveau propriétaire en même temps qu’une nouvelle vie. Alex suit sa maman, s’attardant sur des jouets que des enfants vendent pour quelques euros.

    -          - Regarde maman, un vélociraptor ! est-ce-que j’ai assez de pièces pour l’acheter ? demande Alex.

    -          - Non, je ne crois pas, mais je vais te l’offrir. Je sais à quel point tu aimes les dinosaures. Combien pour ce petit dino ? demande maman

    -          - Cinq euros répond Elena, une jolie petite brunette aux yeux verts, en tendant le robot articulé à Alex…

    Tout heureux, Alex rentre chez lui avec son nouveau jouet qu’il ne quitte pas de toute la soirée. Il faut dire qu’il est très imposant ce dinosaure avec sa grosse mâchoire pleine de dents hyper pointues, son regard féroce et ses énormes griffes…mais ça n’a pas l’air d’impressionner Alex qui fait une véritable fixation sur les dinosaures depuis qu’il a eu l’occasion de voir une magnifique exposition sur ces animaux avec sa classe… Il lui parle, lui raconte des histoires et lui donne même un nom : Vava…allez savoir pourquoi !

    Après le diner, il se brosse les dents à toute vitesse, enfile son pyjama et emporte Vava avec lui. Il le pose sur son lit au milieu de toutes ses peluches, sans oublier de lui souhaiter une bonne nuit.

    Il s’endort très vite et rêve de Vava….un drôle de rêve qu’il s’apprête à raconter à son nouveau copain à son réveil…mais…mais…Il regarde sur son lit…Vava a disparu !!

    Avec sa maman, il le cherche…partout…sous sa couette, dans les placards et le coffre à jouets, sous son lit…partout…rien !!! Plus de Vava.

    -          - Je ne comprends pas, il était sur mon lit entre monsieur lapin et gros nounours...il n’a pas pu disparaitre comme ça !

    -          - En effet, c’est étrange ! conclut maman sans se poser plus de questions....et elle quitte la chambre, laissant Alex perplexe, au milieu de la pièce

    C’est ce moment précis que choisit Vava pour réapparaitre ...par la fenêtre !! Eh oui ! Il vient juste de sauter par la fenêtre pour atterrir tout près d’Alex, qui, pris au dépourvu, sursaute et tombe sur le derrière.

    -          - Mais, mais, mais....

    -          - Je me réveille très tôt le matin...J’avais envie de faire un tour pour me dégourdir les pattes, déclare calmement le dinosaure.

    -          - Mais, mais, mais...

    -          - Tu n’as quand même pas oublié que c’est la fête des mères aujourd’hui ?

    -          - Ben non...A l’école, j’ai fait un beau dessin et appris une poésie pour maman...mais, mais, mais..

    -          - Oh ! arrête avec tes mais, mais, mais...tu es surpris, d’accord, mais il faudra t’habituer à me voir sur mes deux pattes...ça m’arrive de temps en temps. Tiens ! je t’ai rapporté des gâteaux pour le petit déjeuner...ça va être une bonne surprise pour ta maman non ??

    -          - Oui, bien sûr...mais ! tu les as volés dans une boulangerie ?

    Alex vient de se souvenir que le nom « Vélociraptor » signifie « voleur rapide ». Il en déduit donc tout naturellement que son ami vient de voler les croissants dans la boulangerie en bas de chez lui.

    -          - Dis-donc, pour qui me prends-tu ? certes, je suis allé dans la boutique, mais la boulangère est tombée par terre quand elle m’a vu. Je ne sais pas pourquoi tout le monde s’effondre en me voyant. C’est désagréable !... alors j’ai continué ma balade jusqu’à un petit village très mignon où les habitants fabriquent eux-mêmes leur pain dans un four en pierre...ça sentait bigrement bon et ça m’a rappelé ma jeunesse. Alors,  j’ai fait comme eux...Et au retour, je me suis arrêté dans un champ pour cueillir ces fleurs pour ta maman.

    En disant ces mots, Vava présente à Alex un énorme bouquet de campanules, marguerites et coquelicots qu’il cachait derrière son dos...et hop ! Il bondit sur le lit où il se retransforme en robot, laissant son ami avec les croissant et les fleurs dans les mains…pour sa maman adorée.

                                                                                                                                          

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  • Belle journée à toutes et à tous,

    Y-a-t-il une vie après la vie? et une avant??? qui sait? Certains événements pourraient le faire croire....Et si c'était vrai?

    Présence troublante

    Dans la peau d’une autre

         Il y a quelque temps, ma fille paraissait très inquiète. Son petit garçon âgé à peine de six ans semblait angoissé par la mort. Pourtant, aucun événement n’était venu le troubler les jours et même les semaines précédentes...Quelle question ! Comment aborder le thème de «  la mort » avec des enfants en bas âge. Pour ma part, je n’ai jamais su...j’ai toujours trouvé absolument ridicule de dire « que la mort fait partie de la vie », qu’il ne faut pas en avoir peur et puis...de toute façon, c’est souvent un sujet tabou ! Franchement, qui aime évoquer ce sujet ?

      Je me suis alors souvenu (à vrai dire, je n’ai jamais vraiment cessé d’y penser) de ma première « vision » de la mort. C’était il y a tellement longtemps ! je n’avais même pas l’âge de mon petit-fils, et pourtant, tous les détails de cette soirée sont ancrés en moi comme s’il s’agissait d’hier soir.

     Je suis chez ma grand-mère à la campagne, dans un petit village que j’aime énormément. J’y passe mes vacances d’été et je crois que c’est dans cet endroit que je me sens le plus « vivre intensément ». J’y suis réellement très heureuse.

    Chaque soir, après une journée bien remplie à jouer sur la petite place de l’église, dans les champs ou sur le terrain de foot, j’apprécie le retour chaleureux à la maison. Après le diner, on se réunit tous pour un petit moment de calme autour de la grande table de la pièce principale. Mon grand-père plonge le nez dans son journal. Ma grand-mère feuillette son catalogue de la Redoute et ses revues. Ma sœur et moi regardons les images des livres pour enfants que nous avons eu le plaisir de choisir dans la jolie bibliothèque en chêne.

    Ce soir, j’ai encore entre les mains ce livre qui m’attire irrésistiblement. Il s’agit des péripéties d’un enfant noir dans la brousse africaine. Je suis fascinée par ces images qui évoquent une vie que j’ignore et dont je me sens malgré tout étrangement proche.

    Je pourrai rester des heures à regarder ces images captivantes ! Les yeux toujours rivés sur cette bande dessinée, je me sens soudain monter en moi une immense vague de tristesse mêlée d’affolement, de terreur, une vague qui se transforme progressivement en un véritable tsunami qui me submerge. Je suis terrifiée sans raison. Les larmes montent et s’écoulent sans que je puisse les arrêter…Ma grand-mère et ma sœur semblent affolées en me voyant. Elles me demandent ce qu’il m’arrive et je réponds cette phrase dont je perçois « nettement » le sens profond en cet instant même : «  Je ne veux pas mourir ! » et je la répète et la répète encore dans un flot de larmes…Toutes deux essayent de me consoler, sans succès. Elles m’accompagnent jusqu’à mon lit en me certifiant que rien ne peux m’arriver, que je suis trop petite…mais rien n’y fait…pire, je sais à ce moment précis que rien ni personne ne peux diminuer cette peur panique de la mort et que je suis « parfaitement seule » face à elle…

    Et pourtant, jamais je n’ai été confrontée à un décès, jamais on ne l’a évoqué en famille (je ne crois pas en tous cas) et jamais aucun événement ne m’y a fait penser…je suis si jeune (peut-être trois ou quatre ans)…je ne sais toujours pas ce qui a déclencher ce trouble (les images du livre sans doute, et pourtant, le sujet n’avait rien à voir !)

      Par contre j’apprendrai plus tard que le livre que j’avais entre les mains était le livre préféré de la sœur de mon père. Une femme « extraordinaire » que je n’ai pas eu la chance de connaître. Sa vie s’est arrêtée lors d’un accouchement en Côte d’Ivoire, peu de temps avant ma naissance…mais ça, je l’ignorais.

     

    Comment pourrait-on expliquer ce « phénomène » ? S’agit-il de la présence de ma tante dans la pièce que j’aurai perçue… avec ses émotions ? Sans doute à en croire un autre épisode, très court celui-là qui a eu lieu très longtemps après (je devais être ado) : j’ai surpris le regard de mon père qui me regardait d’une manière étrange, mi- étonné, mi- interrogateur…je ne peux pas expliquer ce regard, mais je le revois encore…J’avais cette impression qu’il regardait « sa sœur ! »…dire pourquoi j’ai eu comme un flash à ce moment-là est pour moi impossible…et pourtant, c’était une perception très fine, imperceptible dont je n’ai jamais voulu m’entretenir avec qui que ce soit. Pourquoi ? Drôle de question ! Peut-être cette tante était-elle présente une nouvelle fois.

    Cette histoire à une suite …avec une série d’événements qui m’ont toujours mis mal à l’aise avec ce thème que j’ai toujours eu du mal à évoquer « sereinement »….

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